« Lou Partaje », comme son nom en provençal le laisse deviner même à qui ne serait pas coutumier de la langue de Mistral, signifie « Le Partage ». C’est précisément la raison d’être de ce projet vertueux porté par le Secours catholique et l’Entraide protestante Aix-Pertuis.
Cette épicerie différente, fraternelle et solidaire, est née du constat qu’au pays du « bien manger » certains n’ont pas de quoi remplir leurs assiettes, surtout s’ils dépassent de quelques euros les quotients d’éligibilité pour les aides alimentaires. Alors oui, il y a un besoin pour « ces autres » qui se trouvent au seuil de la pauvreté. C’est aussi l’envie de donner accès à des légumes et produits de base sains pour une meilleure nutrition de tous.
L’idée a émergé il y a quatre ans lors d’un rassemblement entre l’Union diaconale du Var et des paroisses catholiques du Vaucluse. Quand il a fallu dessiner le « village idéal », l’un y a mis des « fleurs » et un autre… une « épicerie solidaire » ! C’est cette image qui constitue le point de départ de cette belle aventure œcuménique.
Maraîchage bio
Parmi les partenaires, le maraîcher de « Lou Partaje » fait partie d’une « couveuse agricole », lieu géré par la Métropole Aix-Marseille-Provence ainsi que par la mairie de Pertuis ; dispositif qui consiste à prêter durant 3 à 5 ans un terrain agricole municipal et à fournir des serres, un motoculteur et un tracteur pour une activité en maraîchage bio.
C’est donc un projet bâti sur une éthique globale qui a mobilisé, à tous les rouages de son fonctionnement, des acteurs engagés, portés par la force de conviction des membres de l’Entraide protestante et du Secours catholique. Ces derniers ont travaillé main dans la main, étape après étape, pour monter et faire connaître ce beau projet fraternel, grâce à des réunions qui ont suscité l’adhésion des Pertusiens et au-delà…
© J-F Rossignol
Des bénévoles préparent l’ouverture de l’épicerie solidaire à Pertuis, au 77 rue Henri Silvy.
Bénéficiaires et clients solidaires
Le fonctionnement de l’épicerie est inclusif et solidaire. Il permet en effet d’associer et de rapprocher clients solidaires et bénéficiaires. Les clients solidaires payent le « juste prix » du panier bio et les bénéficiaires 30% de celui-ci. Ceux-ci sont éligibles pour 6 mois renouvelables, leur reste à vivre étant calculé par une assistante sociale.
Aucun jugement entre solidaires et bénéficiaires mais bien au contraire une joie de la rencontre qui apporte beaucoup à chacun.e ! Dans l’épicerie solidaire, il y aura un coin « papotage », avec café ou thé, petits gâteaux, pour offrir à ce lieu une convivialité du « Partaje » !
Le local a été trouvé, de « petites mains » ont proposé d’effectuer les derniers travaux de finition. Et ce printemps est celui de l’ouverture de cette épicerie solidaire.
Notons enfin que ce projet a été présenté dans le cadre du Prix Charles Gide : il a d’ores-et-déjà passé la première étape et à l’heure où nous écrivons cet article, les délibérations sont en cours… Pour finir, nous ne pouvons que souhaiter longue vie à « Lou Partaje » !
« Ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres » Rm 12.5
Crédit photo : J-F Rossignol
Légende : Des bénévoles préparent l’ouverture de l’épicerie solidaire à Pertuis, au 77 rue Henri Silvy.
