La soif spirituelle n’a pas disparu, elle a changé de visage. Elle se loge dans cette intention de prière déposée dans la corbeille destinée à cet effet, par un inconnu venu dans le temple pour un concert. Elle s’exprime aussi dans les mots inattendus d’une famille éloignée de la foi, le jour d’un baptême ou de funérailles. Une enquête Ifop le confirme : si la pratique régulière recule, une curiosité spirituelle bien réelle persiste, y compris chez celles et ceux qui se disent sans appartenance religieuse. Le terreau des interrogations sur Dieu n’a jamais cessé d’être fertile.
© EPUdF
Le visuel du forum « Du bâtiment de l’Église vers le parvis »
Une question à travailler ensemble
Cependant, beaucoup de nos paroisses peinent à se rendre disponibles pour le rejoindre, et ce n’est ni un manque de foi, ni un manque d’énergie. C’est que l’entretien d’un patrimoine immobilier conséquent absorbe déjà une grande partie des forces vives, humaines comme financières. S’y ajoute un tiraillement bien réel : comment ne pas brader ce que les anciens ont bâti, tout en osant s’en détacher là où c’est nécessaire ? Ce n’est pas une fatalité à porter seul dans son coin, mais une question à travailler ensemble.
C’est la question que pose, à sa manière, le forum « Du bâtiment vers le parvis » organisé par l’Église protestante unie de France (EPUdF) avec la Société norvégienne de mission (NMS) du 21 au 25 octobre 2026 à Lyon : « Comment toucher les gens qui ne franchissent jamais la porte de nos temples ? » Non pas en allant les chercher avec des stratégies de conquête, mais en apprenant à les rejoindre là où ils sont déjà, dans cette intention glissée dans une corbeille, dans cette discussion authentique qui surgit en marge d’un concert. Cela suppose d’abord d’écouter celles et ceux qui nous entourent, dans leurs quêtes, leurs joies, leurs soucis. Puis, discerner ensemble en communauté : où Dieu nous appelle-t-il à le rejoindre dans ce qu’il est déjà en train de faire dans la vie de ces contemporains ?
Partenariat avec la Société norvégienne de mission
Ce discernement se vit aussi à l’échelle européenne. Si ce forum a une dimension internationale, c’est parce qu’il est le fruit d’un partenariat noué avec la NMS. Il nous met en lien avec des responsables venus du diocèse anglican de Carlisle au nord-ouest de l’Angleterre, de la United Reformed Church of England, de l’Église luthérienne d’Estonie et de l’Église luthérienne de Norvège. Quels que soient leurs contextes, tous sont traversés par le même enjeu : une soif spirituelle bien présente et un patrimoine immobilier parfois pesant à porter. Eux aussi cherchent comment vivre cela en étant des témoins fidèles et joyeux. Beaucoup sont curieux de la façon dont l’EPUdF vit sa démarche « Église de témoins » et ont envie de nous rencontrer. Nous en reviendrons sans doute, nous aussi, enrichis de ce qu’ils auront vécu.
Repérer cette intention glissée dans une corbeille, la prendre au sérieux, oser y répondre : c’est peut-être cela, être témoins aujourd’hui, bien au-delà de nos murs.
Plus d’informations sur le site epudf.org, à la rubrique « À vos agendas ».
