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Les signataires des huit Églises au temple du Saint-Esprit, à Paris, le 1er juillet 2001
Il y a vingt-cinq ans, les Églises anglicanes de Grande-Bretagne et d’Irlande et les Églises luthériennes et réformées de France de l’époque – l’Église luthérienne d’Alsace et de Lorraine, l’Église évangélique luthérienne de France, l’Église réformée d’Alsace et de Lorraine et l’Église réformée de France – franchissaient une étape majeure sur le chemin de l’unité chrétienne. La signature des accords de Reuilly par ces Églises fut suivie de deux célébrations : le 16 juin 2001 à la cathédrale de Cantorbéry, en Angleterre, puis le 1er juillet à l’Église réformée du Saint-Esprit, à Paris.
L’histoire de cet accord commence plusieurs années auparavant. La première session officielle eut lieu en 1994, suivie de nombreuses rencontres entre vingt participants. En 1998, le texte de l’accord était terminé, après six moutures, et les huit Églises le ratifièrent l’une après l’autre jusqu’aux cérémonies officielles de juin et juillet 2001.
Que dit la Déclaration de Reuilly ?
La déclaration elle-même comporte deux chapitres : d’abord une reconnaissance mutuelle comme Église de Jésus-Christ et l’accueil mutuel au culte et à la Sainte Cène, d’autre part l’engagement au témoignage de l’Évangile et à une collaboration dans tous les domaines possibles.
Le premier chapitre reconnaît donc l’appartenance des Églises signataires à l’Église de Jésus-Christ, que la parole de Dieu y est prêchée authentiquement et que les sacrements du baptême et de l’eucharistie y sont fidèlement administrés. Il comprend également une reconnaissance réciproque des ministères « ordonnés » et d’une « vigilance pastorale collégiale et communautaire (épiscopale) », formules surprenantes pour les réformés mais respectueuses des traditions high church.
Le second chapitre concernant les engagements est plus concret. « Nous ferons tout pour resserrer notre communion dans tous les domaines possibles de la vie chrétienne », expose-t-il : développer l’accueil mutuel, vivre l’hospitalité eucharistique, permettre la participation des ministres ordonnés aux célébrations des autres Églises, organiser des cultes et des initiatives communes, collaborer dans tous les domaines où cela est possible. Il s’agit d’un vrai pas vers la visibilité de l’unité entre nos Églises à laquelle nous aspirons. Si la pleine « interchangeabilité des ministres » n’est pas encore réalisée, le chemin parcouru est considérable.
Pourquoi « de Reuilly » ?
Une grande partie du travail réalisé en vue de ces accords s’est fait chez les Diaconesses de Reuilly, installées à Versailles depuis 1974. Un lieu propice au développement d’une vie de prière et de méditation aux dimensions œcuméniques.
Vingt-cinq ans plus tard, cet anniversaire est une belle occasion de rendre grâce pour le chemin parcouru et de renouveler notre engagement en faveur de l’unité des chrétiens. Dans plus de quarante lieux en France se trouvent aussi des Églises anglicanes. Puissions-nous poursuivre, avec nos frères et sœurs anglicans, ce chemin de communion, de témoignage et de service.
Des propositions liturgiques pour célébrer les 25 ans des Accords de Reuilly sont disponibles sur le site egliseuniverselle.epudf.org
Paul Avis, Vers l’Église une. Œcuménisme et théologie réconciliatrice, Olivétan 2026
