© A. Pélissier
Le pasteur Louis Comte
C’est particulièrement le cas pour le pasteur Louis Comte. Si une archiviste stéphanoise n’avait pas sauvé in extremis des documents dans des lieux en démolition, nous serions bien en peine de connaître le fonctionnement et l’ampleur de son action la plus importante, « l’œuvre des enfants à la Montagne ». Visionnaire et organisateur, il est, de l’initiateur de plus de cinquante œuvres et mouvements en faveur des populations défavorisées. Des centaines de citoyens réalisent avec lui de grandes œuvres de générosité et réveillent des consciences autour d’eux.
À l’heure où les projecteurs sont tournés vers les nuages noirs, il nous porte vers l’engagement dans et pour l’humanité, toute l’humanité, respectée.
© A. Pélissier
La stèle dédiée à Louis Comte
Qui est-il ?
Il s’est révélé au tournant des XIXe et XXe siècles, avec le passage douloureux du monde paysan à l’industrialisation galopante. C’est un pasteur de l’Église réformée de France à Saint-Étienne de 1884 à 1916. Face à une enfance en souffrance, il crée le plus grand réseau de placement dans des fermes et devient ainsi l’un des pères de l’éducation populaire. Face à une population urbaine miséreuse, il développe le christianisme social, des maisons du peuple et valorise un cadre éthique. Face à une population rurale bouleversée, il devient un conseiller avisé pour améliorer l’habitat et les techniques agricoles. Face à un capitalisme débridé, il est l’apôtre d’une autre vision de la société, fondée sur l’équité et la démocratie : le système coopératif. Face à des débats idéologiques, il utilise les moyens de communication pour transmettre sa pensée et cofonde même un quotidien, La Tribune républicaine, qui deviendra La Tribune – Le Progrès. Il défend le capitaine Dreyfus, soutient les pupilles de la nation, organise des campagnes d’évangélisation, jette les bases sur le Plateau (à la lisière de la Haute-Loire et de l’Ardèche) d’une solidarité pour les enfants juifs et le développement du tourisme… Et, bien sûr, il assure les charges qui incombent à un pasteur de paroisse… C’est à se demander si sa journée n’avait que 24 heures.
© A. Pélissier
M. le maire de Saint-Étienne lors de l’inauguration du monument restauré
Un temps commémoratif
Il se trouve que 2026 correspond au centenaire de sa mort. Une équipe du consistoire de la Loire travaille depuis plusieurs mois afin de faire connaître ce personnage hors norme et interroger pour aujourd’hui plusieurs de ses thématiques. L’ouverture de cette année de commémoration a eu lieu en juillet avec les personnalités politiques et religieuses de la ville de Saint-Étienne et du département de la Loire pour l’inauguration du monument restauré de Louis Comte à Saint-Étienne. L’équipe de travail a réalisé une exposition sur la vie et l’œuvre du pasteur. Elle sera inaugurée à la mairie de Saint-Étienne le mercredi 25 novembre à 18 heures et visible toute la semaine dans le grand hall de la mairie. Un catalogue reprenant les panneaux et enrichi de notices complète l’exposition. Cette semaine sera suivie par un culte de la cité à Saint-Chamond, Saint-Étienne, et Firminy. Puis cinq conférences sont d’ores et déjà prévues, deux sont historiques et trois portent sur des questions actuelles : l’éducation, la place des femmes, l’intelligence artificielle.
