Espérer pour le vivant… un défi pour notre temps

« Espérer pour le vivant », c’est le nom donné au réseau de notre Église qui se consacre à la réflexion et à l’action concernant les questions écologiques. Mais c’est aussi un défi qui s’adresse à tous les croyants en un Dieu créateur et particulièrement à ceux qui reconnaissent en Jésus le messie venu partager notre condition humaine.

Encore un article sur l’écologie ? Bravo diront tous ceux qui ont la fibre écologique chevillée au corps, mais ça suffit pour ceux qui sont plus sensibles à des urgences plus grandes que le sort des petits oiseaux, telless que les guerres meurtrières, les conflits économiques et sociaux, les injustices et les persécutions. Plutôt que de tomber dans le piège de hiérarchiser la pertinence des combats à mener, essayons de discerner les racines communes des impasses de notre monde pour mieux y résister.

 

 

Mondialisation et totalitarisme

 

Depuis deux siècles, on assiste à une accélération exponentielle des activités humaines qui n’a jamais existé dans l’histoire de la terre. Pour le meilleur, car jamais les inventions humaines n’ont amené autant de progrès dans les soins, la qualité de vie, l’intelligence et les connaissances. Mais aussi pour le pire par la mondialisation des conflits avec une croissance de la puissance destructrice des armes et par les changements climatiques, la destruction de la biodiversité et l’accumulation de déchets toxiques qui menacent tant la vie sur terre que l’humanité et aggravent dramatiquement les injustices.

 

Parallèlement à leur mondialisation, les conflits guerriers sont de plus en plus sous-tendus par des totalitarismes qu’il s’agisse de nationalismes dominateurs, d’intégrismes religieux, de racismes parfois génocidaires ou d’antisémitisme, d’idéologies politiques totalitaires et fascistes. Les dictatures, dévoyant la démocratie, exploitent le populisme par des outils de désinformation dont l’efficacité est de plus en plus redoutable. Concernant l’écologie, la révolution industrielle et aujourd’hui l’intelligence artificielle font croître la capacité productive du travail tant en biens matériels et immatériels qu’en capital.

 

 

 

Produire et consommer

 

Cette croissance fait des gagnants, les détenteurs du capital poussés à investir de plus en plus (Marx dira qu’ils sont « esclaves » du capital) et des perdants dont on exploite le travail. La destruction des capitalistes comme solution à ces injustices a montré sa faillite d’abord par les conséquences dramatiques du totalitarisme bolchévique mais aussi par son échec à enrayer le caractère exponentiel de la croissance. Le remède durant ces dernières décennies a été la distribution des biens par la mise en place d’une société de consommation qui s’étend aujourd’hui à l’ensemble de la planète. Sans apporter plus de justice, elle a pour « avantage » de donner un débouché à la pléthore de biens produits et d’assouvir les convoitises individuelles tout en développant de manière éhontée les grandes fortunes mondiales dont le pouvoir devient exorbitant. Mais les ressources limitées de la terre ne suivent pas et « l’humanité est entrée dans une spirale d’auto-destruction » (rapport de l’ONU avril 2022). Cette société de consommation a tous les caractères d’un totalitarisme planétaire utilisant toutes les technologies d’influence pour se développer allant jusqu’à stigmatiser ses opposants.

 

 

Résister et aimer !

 

Ces constats nous obligent, dans l’espérance d’un Règne de Dieu qui vient, à résister et à aimer. Résister non seulement aux dictatures qu’il nous est facile de condamner, mais aussi au totalitarisme doucereux et insidieux de la consommation superflue. Aimer notre prochain, les humains, mais aussi toute la création dont l’humanité fait partie et dont son existence heureuse dépend.

 

Pour aller plus loin, rendez-vous au festival régional « Terre d’Espérance » le 17 mai à Oullins !

 

 

 

 

 

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