Adelphité, copinerie et amitiés… La place du pasteur dans tout ça ?

Les relations humaines sont parfois compliquées dans les professions où, justement, on travaille avec de l’humain. Et nous savons combien il est difficile de faire cohabiter relations amicales et relations de travail.

L’avocat ne prendra pas le risque de perdre un ami en perdant une affaire qu’il lui aurait demandé de défendre et qui le touche personnellement. Et on sait aussi combien il est difficile pour un élu de petite commune de ne pas être l’objet de critiques ou d’attaques violentes de personnes jusque-là amies et qui deviennent les ennemis de l’élu en même temps que l’amitié s’efface.

 

Alors qu’en est-il des pasteurs, qui placent au cœur de leur profession un message d’amour les uns pour les autres ?

 

La particularité du ministère pastoral est que ce n’est pas juste une profession mais une vocation. La vocation met en évidence un lien étroit entre l’homme (la femme) et le professionnel et il est difficile de savoir où commence l’un et ou s’arrête l’autre.

 

 

Adelphité

 

Au cœur du message évangélique se trouve cet appel à vivre en frères et sœurs. Enfant d’un même père spirituel nous lions les uns les autres une relation de proximité et de solidarité. Mais si Jésus nous appelle, au nom même de cette adelphité, à aimer nos ennemis, il ne nous demande pas d’en faire des amis. Ainsi le pasteur est dans cette position d’entretenir avec ses frères et sœur en Église une relation particulière et il les encourage à vivre également de cette relation. L’adelphité n’est pas l’amitié mais le lien tissé par la foi en un Dieu Père.

 

 

Copinerie

 

La parole s’accompagne de gestes, et celui de la Cène vient ajouter une autre dimension au lien. Le partage du pain est, là aussi, le signe d’une proximité. Nous savons que « copain » vient de ce moment de partage. Partager un repas c’est déjà donner un peu de soi. Inviter à sa table c’est faire une place dans son intimité. Et c’est là où le pasteur, dans sa relation avec d’autres, cède de la place à l’homme en relation. Quand il y a du plaisir à recevoir, à passer du temps avec quelqu’un, il devient ce copain. Et l’homme-pasteur voit déjà le flou qui s’installe entre relation professionnelle et relation personnelle. Le pasteur reste le pasteur, le paroissien reste le paroissien, mais une autre relation se fait jour qui déplace chacun de son rôle pour s’approcher mutuellement.

 

 

Amitiés

 

Et puis de repas en moments partagés, de discussions en affinité plus grande, naissent des amitiés. Mais dès lors le pasteur est totalement effacé par l’homme. Cette relation de confiance réciproque, qui va jusqu’au plus intime de l’être, ne concerne plus un métier, une vocation, ou un rôle, ce sont deux êtres humains qui sont amis.

 

 

L’homme-pasteur ou le pasteur-homme ?

 

J’ai toujours eu à cœur de dire que l’homme que je suis est le pasteur que je suis et vice versa.

 

Et cela permet d’être alors toujours dans la sincérité avec l’autre que je rencontre. Parfois je ne trouverai qu’un frère ou une sœur dans la foi, je l’apprécierai pour cela mais l’affinité des âmes n’ira pas plus loin. Parfois la rencontre d’âme à âme crée une amitié forte qui perdurera bien au-delà du ministère, dans le temps et dans l’espace.

 

Et sur la route entre adelphité et amitié vraie, un nombre incalculable d’hommes et de femmes qui partagent le bon, le beau et le vrai, comme on partage du pain.

 

 

Entre adelphité et amitié, un chemin de partage et d’échange comme on partage du pain © Couleur/Pixabay
Entre adelphité et amitié, un chemin de partage et d’échange comme on partage du pain
© Couleur/Pixabay

 

 

 

 

 

 

 

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