Dominique et Benjamin Roubiol, père et fils en course

Dominique a été président du conseil presbytéral de Savoie, Benjamin a suivi l’école biblique, le catéchisme, et a été membre des Éclaireurs et Éclaireuses unionistes d’Annecy-Chambéry. En dehors de ces engagements, Dominique et Benjamin courent (avec Florence également, respectivement épouse et mère). L’un est coureur amateur, l’autre professionnel et champion du monde de trail long en 2023.
Benjamin, Florence et Dominique lors du trail de l’Arclusaz en novembre 2023 © DR

Benjamin, Florence et Dominique lors du trail de l’Arclusaz en novembre 2023 © DR

Pour(–)quoi courez-vous ? 

 

Dominique : Je suis né dans une famille sportive avec une culture forte sur le dépassement de soi. Je pratiquais le cyclisme et pour plaire à mon père, il fallait être combatif. Je ne pouvais m’accomplir que si je rentrais épuisé en fin de journée.

 

Benjamin : J’ai besoin d’être en mouvement, de me déplacer, de voir des choses. C’est très agréable de mobiliser son corps dans toute l’amplitude qu’il nous permet. À force de m’exercer dans ce domaine, j’ai eu l’opportunité de transformer ma passion en profession.

 

 

D’où vous est venue cette envie de courir ? 

 

D : La motivation n’était plus la même lorsque je suis devenu chrétien, vers l’âge de 18 ans. La devise « Un esprit sain dans un corps sain », reflète davantage ma pensée aujourd’hui. Comme je fais un travail de bureau, il est impératif pour moi d’équilibrer mon existence avec du temps passé à l’extérieur. Avec Florence, nous sommes en club et le fait d’être le papa et la maman du champion du monde de trail long, cela ajoute encore de la motivation.

 

B : Courir c’est naturel pour notre espèce. Même si notre mode de vie s’éloigne de plus en plus de ce qu’il était à l’origine, courir est un atout qui me permet de méditer, de retrouver le calme et l’équilibre.

 

 

Il se passe quoi quand on court ? 

 

D : Je distinguerai l’entraînement de la compétition. Outre le fait de préparer les courses, à l’entraînement on a plus le temps d’observer, de sentir ou d’écouter notre environnement. Ça me renvoie à la Création et à son Créateur. Je pense à ce qui me préoccupe, aux joies du moment et aux projets à venir. En compétition, je souhaite tout simplement produire le meilleur de moi-même. Si je stagne avec l’âge, je le considère comme un progrès et je suis reconnaissant de rester en bonne santé.

 

B : Les sens sont en éveil, les muscles s’activent, les organes s’adaptent, le corps s’organise comme une machine. C’est passionnant de maîtriser toutes ces fonctions. On se sent vivant.

 

 

Dernièrement, Kilian Jornet, traileur connu, a appelé au boycott des courses de l’ultra-trail du mont Blanc (UTMB)… Comment concilier valeurs et impact écologique de cette pratique ? 

 

D : L’UTMB est victime de son succès et est devenu l’épreuve la plus médiatisée. Elle est tombée dans une filière business touristique qui l’éloigne de ses valeurs d’origine. Mais il existe de nombreux traileurs qui restent fortement attachés à l’impact écologique. Et c’est, je crois, la multitude qui pourra faire changer l’attitude des grandes organisations. Je rejoins Kilian Jornet : nous devons vite changer de comportement, individuellement et collectivement.

 

B : La particularité de notre discipline par rapport à d’autres sports est le lien indissociable à l’environnement. Aussi notre communauté est petite et récemment formée. Ainsi la progression des business crée souvent de la méfiance et de l’opposition. Si des discussions sont mises en place, comme cela a été le cas avec L’UTMB, une entente peut être trouvée.

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