La vraie joie

« Tu me feras connaître le sentier de la vie, Il y a d'abondantes joies devant Ta face. » (Psaume 16.11)

J’ai découvert ce verset il y a 45 ans environ et l’ai tout de suite aimé, vous savez, comme une image, une couleur, un visage qui vous touche, vous « parle » sans qu’on sache, à la seconde, pourquoi.

 

Là, c’était simple : il y avait ces deux mots, sentier et joies.

 

Qui n’aime pas le premier qui évoque la nature, des randonnées sac à dos et la santé ?

 

Qui n’aime pas le second qui dit enfance, rires, lumières et fêtes ?

 

Le verset s’est installé en moi, là où je me trouvais à l’époque, et ne m’a jamais quittée même si je l’ai souvent oublié.

 

« … pourtant, elle est là, la vraie joie… » (© pixabay)

 

 

Avec Dieu

 

C’est que ce sentier s’est révélé âpre, étroit, escarpé, long, fatigant ; il lui arrivait de frôler de véritables gouffres, cachés par de hautes herbes. Des joies s’y trouvaient ici et là, mais la marche était si rude qu’il ne restait plus d’énergie pour les voir et les savourer.

 

Mais… et les autres mots du verset ?

 

« Tu me feras connaître le sentier de la vie,

 

Il y a d’abondantes joies devant Ta face. »

 

Ce sentier commence et finit avec Dieu, comme la vie.

 

Si la marche est entreprise avec le Seigneur, si c’est bien lui qui fait connaître le sentier à suivre et non les aléas de l’existence, le parcours – je veux en témoigner – est radicalement différent, non pas tendu, angoissé et solitaire, mais confiant et assuré.

 

La marche est plus légère, les joies ont leur place, cachées et discrètes ou éclatantes comme devant un splendide panorama. Oui, Dieu met « nos pas au large ».

 

 

La joie de l’Évangile

 

Nous sommes maintenant en 2023, le sentier est beaucoup moins escarpé – merci Seigneur de m’avoir accompagnée ! – mais autour, la joie n’a pas du tout le vent en poupe. Menaces climatiques, migrations dramatiques, guerres, inégalités croissantes, inflation, tensions sociales, cyberattaques, suicides d’adolescents, féminicides… non, la joie n’est pas de mise, elle serait même choquante.

 

Et pourtant… elle est là, la vraie, celle de l’Évangile. Elle est permise, plus que permise ! Souhaitée, recommandée. Il faut la rechercher comme la perle de grand prix, la sauver.

 

Adrien Candiard* parle de « l’Aventure de la joie » et dit que « la vie chrétienne, c’est le courage de ne pas renoncer à la joie » malgré tout ce qui lui est contraire, opposée. Notre psaume parle « d’abondantes joies » : Dieu, en effet, ne lésine pas, elles sont abondantes, variées, plurielles. Nos joies humaines s’entremêlent avec les siennes.

 

 

À la fin du chemin

 

Le mot joie a-t-il pris maintenant la première place ? Non, en tout premier, avant « joie » il y a ce formidable « Tu » que le psalmiste adresse à Dieu. Dieu au tout début, et à la première place. Et le tutoyer, c’est quelque chose ! Mais c’est un autre sujet.

 

À la toute fin de notre chemin, il y aura la joie ineffable du face-à-face avec Dieu. Quelquefois je doute, le plus souvent je crois. Je fais confiance à ceux qui pressentent mieux que moi.

 

Ce Psaume 16 verset 11 nous dit que la présence de Dieu dans notre vie est promesse de joie.

 

 

 

 

*Quand tu étais sous le figuier, éditions du Cerf, 2017.

 

 

 

#Mon verset préféré #Spiritualité

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