La « Grande démission », une bonne nouvelle pour le travail

« Grande démission », « Démission silencieuse », « Renoncement conscient » et autres phénomènes liés à l’emploi sont le symptôme d’un changement profond des attentes des salariés.

Ces phénomènes sont apparus sous les termes de Big Quit, de Quiet Quitting et de Conscious Quitting. Mais le travail n’est pas mort : il change. En mieux.

 

Difficile de ne pas avoir entendu parler ces derniers mois du Big Quit, la Grande démission. Aux États-Unis d’abord, puis en France, des salariés quittent massivement leur emploi.

 

Certains secteurs peinent à recruter

 

Selon la Dares, la Direction statistiques du ministère du Travail, 523 000 personnes ont ainsi démissionné en France au premier trimestre 2022, dont 469 000 étaient en CDI.

 

Conséquence de ces départs, des secteurs entiers comme l’hôpital, l’hôtellerie-restauration ou le transport routier manquent de personnel et peinent à recruter. La police et la gendarmerie n’échappent pas à ce phénomène.

 

Toujours selon la Dares, le premier motif de démission est le montant du salaire. Dans un marché de l’emploi favorable aux salariés, les démissionnaires cherchent, et trouvent rapidement, un emploi mieux payé.

 

Démission pour manque de mission

 

Mais d’autres motifs à la démission sont aussi mis en avant par les salariés : l’ennui, le refus d’un travail sans intérêt (les fameux Bullshit Jobs, ou « jobs à la con », décrits par le sociologue David Graeber) ou encore de mauvaises conditions de travail.

 

Autre phénomène qui vient confirmer ce désintérêt, le Quiet Quitting, ou « Démission silencieuse ». Les salariés se désengagent de leur travail par le freinage, le retrait ou l’apathie. Un mouvement loin d’être marginal puisque l’institut Gallup estimait, en septembre 2022, ce taux de désengagement à 50 % aux États-Unis chez les salariés de plus de 18 ans. Un chiffre qui atteindrait près de 40 % chez nous.

 

Si l’on ajoute à ces mouvements les salariés qui pratiquent le Concious Quitting (la démission pour désaccord avec les valeurs de l’entreprise), le Ressenteeism (ceux qui n’ont pas démissionné mais ronchonnent) ou le Loud Quitting (ceux qui expriment haut et fort leur mécontentement au boulot), cela fait beaucoup de personnes mal dans leur travail.

 

La vie, la perdre ou la gagner

 

La Covid-19, et ses confinements successifs, a été l’occasion d’une prise de conscience sur la finalité du travail et le sens qui lui est donné. Cette quête de sens provoque même des changements radicaux de vie. Le phénomène existe : son archétype est le cadre dans le marketing quittant la ville pour s’installer à la campagne comme maraîcher en permaculture.

 

Ni ces vagues de démissions ni les slogans « La retraite on s’en fout, on ne veut pas bosser du tout », vus dans les manifestations contre la réforme des retraites sur des banderoles brandies par des jeunes, ne doivent nous induire en erreur. La France n’est pas devenue un pays de fainéants, même si certains politiques ont pu revendiquer un « droit à la paresse ».

 

En réalité, la plupart des salariés adhèrent à la notion de travail, sans parler des passionnés. Mais plus grand monde ne veut « perdre sa vie à la gagner ». Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Une très grande part des salariés est toujours prête à gagner son pain à la sueur de son front. À condition que ce travail ait une finalité valorisante, laisse de la place à sa vie personnelle, familiale, sociale. Et spirituelle, s’il le veut.

 

 

 

 

 

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