Un colloque réunissait le 5 octobre dernier l’équipe de continuation de la Conférence des Églises protestantes des pays latins d’Europe (CEPPLE) avec des dirigeants des Églises protestantes francophones européennes en visioconférence autour des frontières. Félix Moser, professeur émérite de l’université de théologie de Neuchâtel, était l’intervenant principal de ce colloque.
Les représentants des Églises ont présenté leurs problématiques actuelles, leurs joies, leurs questionnements et les défis qui se posent a? leurs Églises. La situation sociale et l’importance des liens humains en période de pandémie sont ressorties, ainsi que la difficulté croissante d’apparaître dans l’espace public, les tensions au sein des Églises et le travail fait pour les surmonter, la façon de vivre et d’assumer notre pluralité, l’importance de redévelopper le débat théologique dans nos Églises.

Le temps nécessaire malgré l’accélération
Le professeur Moser a ponctué la journée de reprises théologiques des éléments énoncés par les participants. De ces échanges sont sortis deux constats : l’accélération du temps et la difficulté à – et l’importance de – trouver des accroches pour annoncer l’Évangile. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, il faut aller de plus en plus vite alors que la rencontre a besoin de temps, d’empathie et d’écoute. Par ailleurs, il faut trouver des points d’accroches, des éléments qui nous permettent de lier les récits bibliques avec l’expérience de vie des personnes. Nous ne pouvons plus nous contenter de discours préconstruits sur Dieu et une annonce générale ne suffit plus.
Creuser le lien à la culture
Deux points à creuser ont émergé : la question du rapport à la culture et le développement d’une boîte à outils protestante. Le mot culture est souvent ressorti : il nous faut retravailler l’ancrage de l’annonce de l’Évangile dans la culture, une culture qui est aujourd’hui morcelée et évolue très vite, et travailler l’interculturel, entendre les langages de foi différents de nos sœurs et frères venus d’ailleurs. La boîte a? outils à développer comporte de nombreux outils, mais nous pouvons en souligner quatre : discerner les kairos, les moments propices a? l’annonce de l’Évangile ; retrouver notre capacité d’étonnement face a? l’autre (refuser de l’enfermer dans des catégories) ; refuser la fausse harmonie ; chercher a? comprendre, y compris en se laissant déplacer.
Un chantier à poursuivre
La CEPPLE avait adopté un programme de travail structuré autour de trois axes pour 2018-2022 : 1. Transterritorialité : la CEPPLE permet de réfléchir à l’annonce de l’Évangile, au-delà des frontières géographiques et culturelles ; 2. Transecclésialité : la CEPPLE cherche et développe les convergences entre Églises membres, l’inspiration mutuelle et le partage ; 3. Identité latine et visibilité : la CEPPLE aide les Églises membres a? exprimer leur spécificité d’Églises minoritaires, et a? renforcer leur visibilité dans l’espace public ainsi qu’au sein de la Communion d’Églises protestantes en Europe (CEPE), dont elle est un des groupes régionaux.
