La voiture en ligne de mire

À compter du 1er juillet, la vitesse sur le réseau secondaire sera abaissée à 80 km/h, une mesure gouvernementale qui est loin de remporter l’unanimité. À commencer par la Fédération française des motards en colère qui, depuis l’annonce de la mesure, défile dans les rues à grands coups de klaxon.

La raison est certes louable : diminuer le nombre de morts sur les routes. Mais cette mesure entraînera-t-elle vraiment une baisse des accidents ? Parce que, pour qu’il n’y en ait plus, il serait certainement plus judicieux d’éradiquer les conducteurs peu scrupuleux du code de la route qui n’hésitent pas à dépasser l’automobiliste qui respecte, lui, la limitation de vitesse.

 

 

 

Une conduite plus dangereuse

 

Les chauffards existent et existeront toujours, quelle que soit la vitesse autorisée.

 

   

Manifestation des motards en colère à Bourges
le 14 avril © Élisabeth Renaud

 

Et on peut même gager que leur nombre est inversement proportionnel à la valeur de la limitation. Un conducteur averti et responsable adapte sa vitesse à la dangerosité de la route. Sur une départementale étroite, 80 km/h sera parfois même trop rapide.Depuis la multiplication des radars et, depuis le 21 avril en Normandie, des radars embarqués gérés par des sociétés privées, l’automobiliste
doit avoir les yeux rivés sur son compteur s’il ne veut pas être verbalisé. Faire un trajet sur une route nationale avec la traversée de villages à 50 km/h, de zones de travaux ou de carrefours en rase campagne à 70 km/h, relève de l’acrobatie et du jonglage entre limiteur et régulateur de vitesse, les yeux rivés sur son compteur ou sur son GPS pour vérifier quelle est la vitesse autorisée à l’instant présent. Tout cela au détriment de la vigilance envers des dangers qui peuvent survenir de toutes parts. Oui, conduire de nos jours est devenu anxiogène et cet abaissement de la vitesse ne peut qu’augmenter une baisse de la vigilance du conducteur au détriment du piéton ou du cycliste qui surgira d’on ne sait où.

 

Une expérimentation non concluante

 

Une expérimentation, qui s’est déroulée de juillet 2015 à septembre 2017 sur la RN7 dans la Drôme, la RN57 dans la Haute-Saône et la RN151 dans l’Yonne et la Nièvre, a révélé que la baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h n’a pas réduit la mortalité routière sur ces axes. Ces conclusions ont été données par l’association 40 millions d’automobilistes qui s’est basée sur les données des accidents corporels de la circulation du ministère de l’Intérieur, qui recensent avec précision les accidents de la route en France. L’association a relevé chaque accident sur les trois tronçons expérimentés, d’une longueur totale de 86 km. Le gouvernement, quant à lui, n’a jamais donné de bilan de l’expérimentation en terme d’accidentologie. Seul le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) a publié une étude, mais elle ne porte que sur la vitesse moyenne.

 

Des effets sur l’environnement minimes

 

En application de l’article L. 123.19.1 du code de l’environnement, le projet de décret relatif à la baisse de la vitesse maximale autorisée de 90 à 80 km/h sur les axes bidirectionnels à chaussée unique sans séparateur central a été soumis à une consultation publique afin de recueillir les observations et propositions du public s’agissant de l’incidence environnementale de la mesure. Cette consultation s’est déroulée du 21 mars au 11 avril. Or, le ministère de la transition écologique et solidaire lui-même dans un rapport intitulé Réduction des vitesses sur les routes – Analyse, coûts, bénéfices montre que diminuer de 10 km/h la vitesse a un impact quasi nul puisqu’il ne diminue seulement que de 0,12 % la consommation de carburant.
Alors ? Quelle solution pour ne pas avoir l’impression de reculer ou de foncer droit dans une embuscade ? Les transports en commun ? Mais pas sûr que la réduction du nombre de trains couplée à l’augmentation du coût des billets aille dans le bon sens.

 

 

 

 

 

#Actualité

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Nom de baptême : Emmanuel
Actualité
Nom de baptême : Emmanuel
Emmanuel s’est converti au christianisme il y a une douzaine d’années, en Iran. Venu en Europe pour se faire baptiser, il est devenu membre de l’Église protestante unie de Vence. Son histoire, il nous l’a racontée, notamment sous la forme d’un conte.
Les Éclaireurs et Éclaireuses unionistes de France (EEUdF) en mouvement
Région Est-Montbéliard
Les Éclaireurs et Éclaireuses unionistes de France (EEUdF) en mouvement
L’assemblée générale (AG) des Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France a eu lieu à Béziers les 31 janvier et 1er février 2026. Elle a rassemblé l’ensemble des représentantes et représentants des membres des EEUdF pour un moment central de notre vie démocratique. À l’issue d’une année riche en camps et en projets, l’heure était au bilan : avec 150 camps organisés cet été, 109 groupes locaux actifs portés par près de 2 000 bénévoles, notre association se porte bien ! La région Bourgogne–Franche-Comté était représentée en force à cette AG.
Politeia, un espace interactif pour tous
Actualité
Politeia, un espace interactif pour tous
Un nouvel espace interactif pour tous vient de voir le jour. Vous y trouverez des animations à partir de textes bibliques, des animations thématiques ou des textes de réflexion pour un engagement citoyen.
Caroline Bauer, secrétaire nationale pour la formation des membres de l’Église
Église protestante unie de France
Caroline Bauer, secrétaire nationale pour la formation des membres de l’Église
Depuis septembre 2025, Caroline Bauer est secrétaire nationale (EPUdF) pour la formation des membres de l’Église.
Mission First !
Question d'actu
Mission First !
À l’occasion du synode national sur l’Église universelle, Jean-François Zorn, spécialiste de la mission, nous livre ici sa réflexion sur le lien entre Église universelle et mission.
Relève 24-28 – témoignage de jeune conseillère
Centre-Alpes-Rhône
Relève 24-28 – témoignage de jeune conseillère
« Voudrais-tu faire partie du conseil presbytéral ? »
Relève 24-28 – salade de fruits, jolie, jolie…
Centre-Alpes-Rhône
Relève 24-28 – salade de fruits, jolie, jolie…
Charlotte Gérard, pasteure de Genevois-Giffre, nous propose ce petit texte pour encourager les conseiller·e·s !
Protestantes !
Podcasts
Protestantes !
Le podcast « Protestantes ! » revient pour une deuxième saison et propose toujours des conversations avec des pasteures, des théologiennes, des autrices et des activistes.
La « Diocésaine de Gironde »
Sud-Ouest
La « Diocésaine de Gironde »
Voilà une formulation qui évoque de façon technique le contentieux d’une association de l’évêché catholique de Bordeaux, dans le contexte de l’application de la loi du 9 décembre 1905 portant séparation des Églises et de l’État.