Lutter contre l’exode rural et la pauvreté à Madagascar

Créée fin 2020, Mad’Agri est une association humanitaire qui a pour but de former les jeunes ruraux de Madagascar aux techniques agricoles respectueuses de l’environnement. Rencontre avec son président, Alain Chapon.

Comment est venue l’idée de créer cette association à Madagascar ?

 

À l’époque, j’habitais à Orléans. Dans notre Église, une paroissienne malgache souhaitait retourner à Madagascar après l’arrêt de son activité professionnelle. De retour d’un premier voyage à Madagascar, elle nous a raconté les projets locaux de son frère qui souhaitait créer un centre d’apprentissage pour former les jeunes à l’agriculture.

 

Ce projet est né du constat que la majorité des jeunes quittent le monde rural pour aller en ville. Ils font des études puis se retrouvent au chômage faute de travail et traînent dans les rues. Nous avons alors décidé, mon épouse et moi, de créer une association en France pour les aider dans ce projet.

 

Parallèlement, des Lyonnais réfléchissaient à la possibilité de soutenir ce projet suite à un voyage. Lorsque nous leur avons parlé de créer une association, ils nous ont tout de suite suivis. D’autres amis de la région Ouest de l’Église protestante unie de France nous ont également rejoints.

 

Le futur centre d’apprentissage à Tsiafah

 

(© Tah Ramefison)

 

 

 

Existe-t-il aussi une association là-bas ?

 

Oui, depuis 2015, l’Association d’appui pour le renforcement de l’éducation des jeunes ruraux (ARE) avait été créée pour porter ce projet. Des plans avaient été réalisés et un programme de formation avait été esquissé. Mais faute de ressources financières, la construction n’avait pu débuter. Ce projet avait été longuement mûri par les membres d’ARE, aux compétences complémentaires (ancien chef d’entreprise, ingénieur agronome, comptable…) et très impliqués dans le développement écoresponsable de leur pays. Depuis 2020, cette association a été réactivée et aujourd’hui elle assure le pilotage et le suivi des travaux.

 

 

 

Aujourd’hui, où en est le projet ?

 

Le centre d’apprentissage est situé à Tsiafah, à 20 km au sud d’Antananarivo, sur un terrain agricole. Un puits a été construit et un château d’eau est en cours. Un hangar pour stocker le matériel pendant la construction a également été bâti. À terme, il servira au tri et à la transformation des légumes. Ensuite, le bâtiment administratif avec une classe de cours verra le jour. L’objectif est d’accueillir la première classe avec dix élèves en septembre 2023.

 

Il y a une vraie demande. L’intérêt de ce projet est de proposer aux jeunes une formation de qualité qui leur permette de valoriser la terre de leurs parents.

 

 

Sur quel financement s’appuie-t-il ?

 

Le budget annuel de l’association est de 10 000 €. Nous avons essentiellement des donateurs privés, mais nous essayons d’obtenir des fonds publics. La région Centre-Val de Loire, par exemple, nous a alloué 6 000 € de subvention. Pour avoir une idée du coût de la vie à Madagascar, il faut savoir qu’un professeur est payé environ 200 €/mois. L’association est reconnue d’intérêt général et, à ce titre, 66 % du montant des dons sont déductibles des impôts sur le revenu. Lorsque la formation aura débuté, les légumes cultivés seront également mis en vente, ce qui permettra à l’association ARE d’avoir quelques revenus.

 

 

 

Flèche Pour en savoir plus :

 

– Site de Mad’Agri : https://www.madagri.fr/.

 

– Alain Chapon : 06 38 58 85 43 – vero.al.chapon@wanadoo.fr

 

 

 

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