Ensemble : Quel est votre poste actuel dans l’EPUdF, en quoi consiste votre travail ?
Je suis secrétaire nationale chargée des relations internationales. La déclaration d’union de notre Église dit que nous sommes « l’un des visages de l’unique Église du Christ ». Je suis là pour aider à découvrir ces autres visages de l’Eglise du Christ, voire rappeler qu’ils existent…
Je fais le lien avec les organisations internationales, confessionnelles ou œcuméniques, dont nous sommes membres ainsi qu’avec les Eglises-sœurs. Je nourris les réflexions de notre Eglise par des apports de l’étranger. J’envoie des gens de notre Eglise participer aux rencontres internationales. Et je porte le souci d’une cohérence avec les autres instances travaillant des questions internationales (Défap, FPF, Ceeefe, etc.)
Quel sont les enjeux d’un tel poste dans les relations avec les autres Eglises/l’étranger ?
Le premier enjeu, c’est cette cohérence, car nos moyens humains sont limités. Le deuxième enjeu, c’est de garder ouverte la préoccupation pour l’Eglise universelle dans notre Eglise. Participer à une rencontre internationale, c’est faire un pas de côté par rapport à son Eglise et revenir avec une perspective différente, un regard renouvelé. Se décentrer permet d’avancer. La « soumission mutuelle », le fait d’écouter la critique ou le questionnement des sœurs et frères d’autres Eglises nous aide à rester centrés sur l’essentiel, sur Christ, non sur notre seule compréhension du Christ… Les assemblées du Conseil œcuménique des Eglises ou d’autres organisations sont aussi des lieux privilégiés pour donner forme à l’universalité de l’Eglise.
Le troisième enjeu est l’échange avec les autres Eglises d’Europe de l’Ouest pour nourrir notre réflexion sur l’évangélisation en contexte sécularisé et sur les nouvelles formes d’Eglise. Cela permet de puiser de l’inspiration ailleurs.
Il y a aussi des enjeux qui s’estompent et d’autres qui apparaissent. Aujourd’hui, la question missionnaire arrive sur le devant de la scène. La trilogie synodale 2022-2024 doit nous aider à clarifier la mission de notre Eglise dans notre société. Cette mission s’inscrit aussi dans le champ plus large de la Missio Dei, l’action de Dieu dans le monde, qui passe entre autres par la mission des autres Eglises ; il nous faut retravailler ce que nous voulons vivre avec d’autres en termes de mission : comment apprendre d’eux ? comment se soutenir mutuellement ? Et redéfinir nos attentes envers le Défap, qui est justement là pour soutenir la mission et les relations entre Eglises… L’avenir de la Cevaa, communauté d’Eglise en mission est aussi en jeu, car elle traverse de fortes difficultés financières.
Quels sont les « fruits » pour l’EPUdF ? Sentez-vous des évolutions dans le fonctionnement des Eglises locales et/ou les pratiques des pasteurs ?
Notre Eglise a développé des formations inspirées du Royaume-Uni ou d’Allemagne ; des personnes ont « touché du doigt d’Eglise universelle » et ont changé de regard sur l’Eglise. Nous avons mis « ordination » avant « reconnaissance de ministère » dans notre liturgie, parce que nous avons réalisé que toutes les autres Eglises le disaient… la perspective ecclésiale est toujours à rouvrir.
