Pendant l’épidémie, des voix chrétiennes ont appelé à ce que « le jour d’après ne soit plus comme le jour d’avant » en particulier face à la crise climatique. Le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD – Terre solidaire) est l’une des 19 organisations qui ont porté la revendication de « plus jamais ça ». « Plus jamais » des produits qui font le tour de la planète ou de captation des ressources naturelles du Sud au seul profit des transnationales des pays riches. Au contraire, « un plan de relocalisation solidaire et écologique des activités de l’industrie, de l’agriculture et des services » ; que tout soutien public aux entreprises soit conditionné à une reconversion écologique et sociale et plus largement que la question climatique et la protection de la biodiversité soient des priorités pour tout plan de relance de l’économie.
Reconversion écologique et sociale
Des intellectuels catholiques comme Bruno Latour ou Xavier Ricard Lanata (avec Dominique Bourg et Pablo Servigne) ont fait des propositions autour de l’idée de faire « revenir sur terre » le modèle de développement actuel. Les seconds proposent par exemple une réorientation des consommations par un paiement plus seulement limité par le porte-monnaie, mais aussi par un quota d’énergie/matière par individu.
Bruno Latour, s’inquiétant du retour de l’« ancien régime climatique », constate que « si tout est arrêté, tout peut être remis en cause » et propose six questions simples à nous poser pour devenir des « interrupteurs de globalisation ». Dans la même idée, avec une quarantaine de signataires, Laura Morosini (présidente de Chrétiens unis pour la terre) et moi avons appelé à « Ne pas redémarrer pour tout recommencer ». Le 21 avril, ce fut le tour de François Clavairoly de porter un Plaidoyer pour une transformation écologique, solidaire et démocratique – rédigé par la commission Écologie et justice climatique de la FPF – auprès d’Emmanuel Macron lors de son échange avec les responsables des cultes.

Pour une justice écologique et sociale (©Ben_Kerckx-Pixabay)
Le plaidoyer de la FPF
Il affirme avec force « que sans la prise de recul, la reconnaissance de nos errements puis le renouvellement de notre imaginaire partagé, les solutions sont vouées à l’échec ».
Il faut par exemple reconnaître « notre humanité comme intrinsèquement relationnelle et partie intégrante d’un tout écologique interdépendant, dont la vulnérabilité est aussi la nôtre ». Il propose, par exemple : une revue à la hausse des engagements français pour le climat, le virage vers les mobilités bas-carbone accessibles (sans évoquer la nécessaire baisse des quantités de mobilités), le tournant vers l’agroécologie ou la protection des espaces naturels terrestres et marins. De l’appel de décembre 2018 des associations de solidarités protestantes (FEP, Miss Pop), Secours catholique, et des mouvements de scoutisme pour mettre les milieux populaires et la jeunesse au centre de la transition écologique, il ne reprend que la proposition « d’une rénovation énergétique performante du bâti bénéficiant en premier lieu aux plus précaires ». D’un appel à l’autre, les propositions convergent : à quand une action commune ?
