Le concile de Nicée, 325

Le premier concile œcuménique s’est réuni à Nicée il y a 1 700 ans cette année. Il était destiné à clarifier la doctrine chrétienne et apaiser les conflits. La majorité des Églises aujourd’hui en sont les héritières.

Après la Bible, les conclusions du concile de Nicée ont servi de socle aux Églises pour de nombreux points essentiels. En 325, l’Église avait réuni des conciles, mais c’est la première fois qu’autant de délégués sont présents, issus des cinq patriarcats d’origine : Jérusalem, Alexandrie, Antioche, Constantinople et Rome.

 

 

Régler une crise

 

En 325, Constantin Ier est empereur, siégeant à Constantinople qu’il façonne à son gré en changeant jusqu’au nom de sa nouvelle capitale. Il n’est pas baptisé mais protège les chrétiens et favorise leur culte. L’empereur souhaite rétablir un pouvoir absolu, avec contrôle des religions comme cela s’est toujours pratiqué à Rome. À l’époque, les Églises sont divisées par une querelle doctrinaire soulevée par le théologien Arius, en conflit avec le patriarche d’Alexandrie sur la nature du Christ. Le Fils procède-t-il du Père ou a-t-il existé de toute éternité ? Les débats, devenus virulents, menacent de dégénérer en schisme car ils se répandent dans tout l’Empire et en particulier dans l’Orient chrétien. Constantin, en vrai César, a tenté de résoudre lui-même la question en écrivant une lettre à Alexandrie, en vain. L’échec de cette démarche entraîna la convocation du concile pour rétablir la paix religieuse.

 

 

 

Symbole de Nicée

 

Entre mai et juillet 325, les participants sont réunis (318 selon la tradition), dont nous connaissons un certain nombre de noms grâce aux listes – malheureusement incomplètes – parvenues jusqu’à nous. Eusèbe de Césarée, présent au concile et source irremplaçable, évalue leur nombre à 250 ; on l’estime aujourd’hui à 200 environ ce qui est déjà considérable pour l’époque. Les évêques sont venus de toute la chrétienté : c’est la raison pour laquelle le concile de Nicée est considéré comme le premier concile œcuménique, car chaque patriarcat fonctionnait de façon quasi indépendante.

 

Les discussions furent difficiles mais débouchèrent sur des conclusions adoptées par tous, sauf Arius et deux évêques qui refusèrent de signer et furent aussitôt déposés et excommuniés.

 

La confession de foi adoptée est un texte qui reste fondamental pour la majorité des chrétiens, cité notamment dans la confession de La Rochelle qui fonde le protestantisme français. Le texte rappelle le dogme trinitaire et dit explicitement que le Christ est « vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubstantiel au Père ».

 

Il termine par un anathème qui condamne définitivement les thèses d’Arius. De nos jours, seule l’Église arménienne orthodoxe utilise encore le texte nicéen d’origine. Les autres Églises utilisent plutôt le symbole dit de « Nicée-Constantinople ». Celui-ci reprend celui de Nicée avec des corrections ajoutées lors du concile de Constantinople en 381.

 

L’empereur Constantin, au centre, présente avec les pères du concile le texte du symbole de Nicée (icône moderne)
L’empereur Constantin, au centre, présente avec les pères du concile
le texte du symbole de Nicée (icône moderne)

 

 

Condamné, l’arianisme n’a pas disparu pour autant. Dans une certaine mesure, les Églises unitariennes en sont les héritières quand elles rejettent la Trinité pour un strict monothéisme, niant aussi la divinité du Christ. Michel Servet, qui a écrit Des erreurs de la Trinité, fut condamné à mort en 1553 pour cela à Genève.

 

Le concile a aussi statué sur différentes règles concernant le fonctionnement de l’Église et le clergé. Des prescriptions liturgiques concernent en particulier la fête de Pâques. Tous les participants condamnent la coutume orientale de la célébrer le même jour que les juifs : il faudra désormais le faire un dimanche, selon l’usage à Rome, en Afrique et en Europe occidentale notamment.

 

Les premiers grands conciles ont joué un rôle fondateur dans l’établissement du christianisme. Cet anniversaire est une bonne occasion de rappeler leur importance.

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