L’actualité nous rappelle que la mémoire de la société polonaise est violemment travaillée entre victimisation et responsabilité, nationalisme et prise de conscience. La violence verbale ne cesse de croître avec, d’un côté, la montée des courants nationalistes, voire révisionnistes, et, de l’autre, toute une littérature qui pointe la responsabilité et l’antisémitisme de la société polonaise, après le détonateur que fut l’ouvrage de Jan T. Gross, Les voisins, paru en 2001 en Pologne. Depuis, les romans, polars, livres de science-fiction autant que journaux et autres documentaires… reprennent la question, soit par opportunisme (avec une forme de banalisation), soit pour s’approprier le sujet par le détour littéraire.