Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake)

À 80 ans, Ken Loach désirait prendre un peu de repos. Mais la dégradation sociale qu’il observe dans son pays ne lui en laisse pas le loisir. Il remonte sur la brèche pour pourfendre les contradictions et les traquenards administratifs qui guettent les Britanniques démunis. Il soupçonne l’inefficacité des agents d’être une arme intentionnelle contre les chômeurs.

Daniel Blake est gravement cardiaque. Son médecin lui interdit de travailler, mais, s’il ne s’inscrit pas comme demandeur d’emploi, il perd automatiquement sa pension. Or l’inscription se fait sur un site Internet : Daniel, âgé, ne connaît pas l’ordinateur.

 

Katie Morgan et ses deux enfants ont dû quitter une chambre miteuse à Londres pour un appartement à Newcastle qui leur permettrait d’obtenir une aide au logement. Pour son premier rendez-vous administratif, elle se perd dans la ville qui lui est encore inconnue : sanctionnée pour son retard, elle ne touchera aucune aide de tout le mois.

 

L’indignation de Daniel devant ce traitement le pousse à prendre discrètement en charge cette petite famille, non par des moyens financiers qu’il ne possède pas, mais par une attention fidèle, efficace et réconfortante. Katie et ses enfants le combleront de l’affection qui lui manque.

 

Le réalisateur ne fait pas dans la dentelle : il montre et frappe avec un quasi documentaire. Lui et son scénariste ont parcouru le Royaume-Uni en visitant les Job centers (leurs « Pôle emploi ») et les banques de nourriture, pour recueillir des témoignages – dont certains, quoique véridiques, n’ont pas été retenus, car jugés à peine vraisemblables.

 

Le contraste tracé par Ken Loach entre la conduite des agents administratifs et la compassion de Daniel est saisissant. Le titre, I, Daniel Blake, marque le refus de cet homme d’être considéré comme un objet gênant qui demande la charité, mais bien comme une personne, dont l’existence mérite le respect.

 

 

 

 

 

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