Certains terroirs protestants datent de la Réforme comme le Velay et le Vivarais, ou du XIXe siècle, comme la région du Trièves avec Félix Neff (« L’apôtre des Hautes-Alpes ») ; d’autres terroirs sont devenus protestants par le biais de l’industrialisation. Les usines textiles et chimiques ont drainé une population hollandaise, allemande, voire anglaise (Schneider du Creusot, de Dietrich à Bourgoin, Rhône-Poulenc) et entraîné une immigration ardéchoise et haute-ligérienne vers Valence et Lyon. Le tourisme a aussi joué un rôle : tourisme thermal à Vichy (temple construit pour recevoir les curistes anglicans au xixe siècle), tourisme d’alpinisme comme à Chamonix, dont la communauté paroissiale est franco-britannique et qui voit sa population doubler l’été.
Si certaines paroisses s’activent particulièrement le temps de l’été dans les régions touristiques et proposent des animations variées, ouvrent leurs musées (Poët-Laval, Bouschet de Pranles), d’autres se mettent en hivernation. Leurs propres paroissiens repartent vers leurs lieux d’origine. Lyon n’offre plus qu’un culte dominical l’été.
Un axe touristique relie entre les paroisses une bonne partie de la région CAR, celui du Chemin des Huguenots, chemin de l’exil des protestants (GR 965) qui part de Poët-Laval et va jusqu’en Allemagne. De nombreux marcheurs l’empruntent, parfois sur une seule étape. Leurs motivations sont diverses, sportives pour certains, spirituelles pour d’autres, à l’image des marcheurs du chemin de Compostelle.
