Les Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine cheminaient depuis longtemps déjà en une très grande proximité. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, leurs sièges à Strasbourg n’étaient distants que de quelques rues dans le centre-ville, facilitant les échanges entre les deux instances. À la fin des années 1980, l’Église réformée d’Alsace-Lorraine a transféré le siège de son Conseil synodal (réformé) au quai Saint-Thomas pour partager les locaux du Consistoire supérieur (luthérien) et ainsi renforcer leur travail commun. Le « Quai », emblématique des Églises protestantes en Alsace-Moselle, abritait déjà depuis plusieurs années les services communs des deux Églises (catéchèse, aumôneries, enseignement religieux, etc.)

(© Gérald Machabert)
De services communs à l’Union
En 1994, une nouvelle étape vers l’union est franchie avec la tenue d’une assemblée commune, à Metz. Mais le dispositif restait lourd. Les décisions de cette assemblée devaient ensuite être validées par chacune des instances. À son élection en 2002, Jean-François Collange, président du Consistoire supérieur, a souhaité sortir de cette situation peu pratique et a proposé de faire un pas supplémentaire vers l’unité par la création de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), entérinée par décret gouvernemental, le 18 juin 2006.
Entre spécificités et délégations
Chacune des Églises demeure en tant que telle, définie par les articles organiques signés en 1802, dans la foulée du Concordat napoléonien. Elles délèguent, en revanche, un certain nombre de compétences aux conseils plénier et restreint de l’UEPAL pour leur gestion. Financièrement, leur union s’est traduite en 2009 par la création d’Entraide et solidarité protestantes, qui a remplacé les unions d’entraide dont chaque Église était dotée.
Quinze ans après sa création, un groupe chargé de la « refondation de l’Union » réfléchit aujourd’hui aux pas encore nécessaires pour un fonctionnement plus fluide.
