Les 10 paroles de fausse consolation

Quand nous sommes face à une personne en deuil, nous nous sentons souvent démunis. La première des attitudes à avoir est celle de l’écoute, car celui qui est dans la peine a avant tout besoin de parler. Mais, nous avons aussi envie de répondre ; parfois le silence s’installant, il nous semble qu’il faut « dire quelque chose ».

Quand nous sommes face à une personne en deuil, nous nous sentons souvent démunis. La première des attitudes à avoir est celle de l’écoute, car celui qui est dans la peine a avant tout besoin de parler. Mais, nous avons aussi envie de répondre ; parfois le silence s’installant, il nous semble qu’il faut « dire quelque chose ». Beaucoup de nos réponses sont pourtant maladroites ; même si elles partent d’une bonne intention, elles ne font pas du bien à la personne en souffrance. Face à la mort d’un conjoint, il n’y a pas de mots magiques. Il faut donc en premier lieu cultiver l’humilité et accepter d’être impuissant à pouvoir consoler la personne. Les mots que nous cherchons à prononcer sont parfois une parade à nos propres émotions, la peur ou le chagrin. Il peut arriver que nos phrases de condoléances soient aussi un refus d’entendre la souffrance de l’autre ; nos phrases stéréotypées deviennent alors presque une injonction à se taire.

 

Beaucoup de réponses peuvent être maladroites (© Felix Mittelmeier / Pixabay)

 

 

 

Certaines attitudes sont globalement à éviter :

 

– la dramatisation : manifester ses propres émotions trop fortement, avec un vocabulaire de surenchère : « Je suis toute retournée par le décès de ton mari ; c’est vraiment horrible ! » ;

 

– la généralisation : rapporter le veuvage à une situation inéluctable qui interdit le chagrin : « chaque vie a une fin, c’est comme ça ! » ;

 

– la comparaison : comparer le deuil de l’un et de l’autre pour relativiser le chagrin : « Ça aurait pu être pire, le mari de Mme Unetelle n’avait que 50 ans ! » ;

 

– la minimisation : on sous-entend que le chagrin n’est pas si grand, une façon de ne pas le reconnaître : « N’y pense plus ! Il faut te changer les idées ! » ;

 

– la rationalisation : souligner des éléments rationnels de la situation pour en nier l’impact affectif : « Il a quand même eu une belle vie ; tu ne peux pas te plaindre. Pleurer ne le fera pas revenir… » ;

 

– la précipitation : vouloir deviner ce que la personne est en train d’explorer dans son discours et lui fournir les phrases, alors qu’elle a besoin de les prononcer elle-même : « Je sais qu’il te manque et que ce n’est pas facile… » ;

 

– l’anticipation : utiliser le futur pour gommer la douleur du présent : « On guérit de tout avec le temps : il ne faut pas rester seul ; tu vas trouver quelqu’un d’autre ! » ;

 

– l’identification : citer en exemple son propre chemin de deuil revient à se poser comme modèle : « Je sais ce que tu ressens, car je suis passé par là. » ;

 

– la spiritualisation : prendre la défense de Dieu comme un avocat : « Il faut que tu acceptes que Dieu sait ce qu’il fait. » ;

 

– la validation : la personne veuve tourmentée par une culpabilité aura peut-être envie de demander si son choix (médical ou funéraire) a été le bon. La réponse à cette question, d’un point de vue littéral, n’a aucun intérêt. Nous ne sommes pas à leur place : « Tu as fait tout ce que tu pouvais : j’aurais fait la même chose. »

 

 

 

 

 

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