Liens du sang : Est-on au service de sa famille ?

Le lien du sang est celui qui définit votre place dans une famille et dans une généalogie. Mais doit-on forcément lui être redevable ? Si ce lien entraîne majoritairement des relations de dépendance entre personne valide et personne invalide, ce n’est pas toujours le cas.

Lors du premier confinement pour cause de Covid en 2020, des petits-enfants ont accueilli leurs grands-parents chez eux. Ce sont plutôt de jeunes hommes (en couple, avec enfants ou même célibataire) qui allaient vivre avec leur grand-mère ou la faisaient venir chez eux. Ils ont profité de ce temps plus calme pour créer des comptes TikTok ou Instagram ensemble. Ainsi, jour après jour, il était et il est toujours possible de regarder leur complicité et leur envie de partager des recettes de cuisine, des astuces de grand-mère, bref de l’amour en vidéo. Lien du sang ou lien psychologique, la question peut être posée. Il semble que le lien du sang soit plus fort dans ces exemples de nouveaux influenceurs. On ne laisse pas seule la personne âgée de sa famille, on s’occupe d’elle, on passe du bon temps avec elle, on en profite le plus longtemps possible. Il y a chez certain une forme de juste retour des choses rempli de sentiments. L’idée de remercier tout ce qui leur a été donné, lorsqu’enfant ils étaient faibles, par cette grand-mère alors si forte et pleine d’amour.

 

 

Un lien qui oblige

 

On entend souvent cette phrase : « Je n’abandonnerai jamais mes parents en Ehpad. » Un cri du cœur qu’il est parfois plus facile à dire qu’à mettre en œuvre. Un jugement violent pour ceux qui sont obligés de le faire. Parce que en effet le lien du sang n’est pas si facile à entretenir.

 

Pour certains membres d’une famille, ce lien du sang les oblige envers tous ceux des leurs qui sont en difficultés passagères ou permanentes. Un enfant, un époux, un parent, un grand-parent, ils sont là et mettent toute leur bonne volonté et leur énergie pour les aider. Certains d’ailleurs ne se rendent même pas compte qu’ils sont entrés dans le schéma du proche aidant. Ce lien indéfectible, pour eux, leur permet de continuer leur activité professionnelle et rajoute à cela la charge quasi quotidienne d’aider un de leurs proches. N’oublions pas que parfois des raisons financières obligent les familles à garder les leurs chez eux car ils ne peuvent pas financer une maison de retraite. Le lien du sang devient un lien de raison.

 

 

Un lien compliqué

 

Mais ce lien du sang, nous ne l’avons pas tous et nous ne sommes pas prêts à sacrifier une partie de notre vie pour nous occuper d’un des nôtres. Attention, il n’est pas question d’amour ou d’affection, mais bien de réalité de la vie. La distance, le métier, la peur de la difficulté ne permettent pas toujours de s’occuper de son parent à 100 %. D’ailleurs la parole se libère, des personnalités publiques témoignent. C’est le cas d’une présentatrice de télé qui, après s’être occupée de son enfant polyhandicapé, a décidé de le placer dans une institution. Il était devenu bien trop compliqué pour elle de s’occuper correctement de son fils.

 

 

Quel que soit la force du lien que nous entretenons avec nos proches, chaque décision est lourdement pesée. Parce que la seule chose qui compte vraiment, c’est le bien-être de la personne aimée dépendante.

 

 

Aider et profiter pleinement de son proche © Kampus production

Aider et profiter pleinement de son proche © Kampus production

 

 

 

 

 

 

 

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