Pourquoi l’étranger fait-il peur ?

Derrière un discours de plus en plus libéré, on entend que l’étranger vient voler notre pain, notre travail – car il est moins rémunéré – nos femmes s’il est seul ou nos allocs s’il est en famille. Si depuis trente ans la politique migratoire de notre pays se durcit, c’est justifié quand on pressent l’invasion dont on n’aperçoit que les prémices ; question de défense.

Derrière un discours de plus en plus libéré, on entend que l’étranger vient voler notre pain, notre travail – car il est moins rémunéré – nos femmes s’il est seul ou nos allocs s’il est en famille. Si depuis trente ans la politique migratoire de notre pays se durcit, c’est justifié quand on pressent l’invasion dont on n’aperçoit que les prémices ; question de défense.

 

Ces peurs disent cela, même si leur expression est ici caricaturée, et elles entraînent illico un repli identitaire. Le discours s’orne alors de notre culture qui part à vau-l’eau et de notre religion qui s’en va en brioche. Cette réplique (comme pour les tremblements de terre) différencie la peur de l’étranger des autres peurs.

 

 

Comment sortir de ces peurs ?

 

On peut d’abord être intelligent et constater que la quasi-totalité de nos peurs passées n’avait aucun fondement et qu’il nous faut questionner cette peur paralysante. On s’apercevra que « l’envahissement » ne tient pas la route. En poursuivant la série des constats, on verra que s’il vient prendre du pain, c’est qu’on en a trop et qu’il a faim. S’il vient prendre notre travail, c’est qu’il accepte de faire celui que nous refusons. Quant à nos femmes, elles sont libres, non ? De plus, il manque d’amour. On ne pourra croire qu’il dépense une fortune à traverser la Méditerranée sur une coque de noix pour quelques allocs. On s’apercevra enfin que l’étranger marche sur ses deux pattes arrières… étonnant ! Et que, figurez-vous, il rit, souffre, aime, naît et meurt comme nous… stupéfiant ! Oui, c’est simplement un homme, une femme, un enfant qui veut vivre.

 

 

Vivre l’Évangile, tout simplement ?

 

Il n’est pas sot de se rappeler que l’étranger est éligible à la grâce, qu’on peut l’appeler mon frère ou ma sœur et, somme toute, essayer d’aller faire sa connaissance. Si on a fait ce premier pas, l’engrenage de la confiance est enclenché et il n’y a qu’à se laisser aller… Toutefois, il ne faut pas craindre d’en sortir transformé. Mais qui n’a pas été transformé ou déplacé par une rencontre ?

 

 

 

 

 

 

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