Président du conseil régional : pasteur et/ou manager ?

Dans une Église presbytérienne synodale, qui veut vivre de la confiance les uns envers les autres, le terme de « manager » semble peu approprié. Un pasteur appelé à devenir président de région se base avant tout, pour son ministère, sur l’écoute et le respect mutuel.

Le président du conseil régional doit faire appliquer les décisions synodales, nationales ou régionales, et parfois composer avec la résistance du corps pastoral. Il doit parfois rappeler l’un ou l’autre ministre à l’ordre, sachant qu’aucun moyen coercitif n’est prévu dans le fonctionnement de notre Église.

 

Les tensions

 

L’Église est attentive à ses ministres : pas de violence, de rupture brutale dans les changements de poste. Les décisions sont prises avec l’accord de tous. Mais, justement parce qu’il n’y a pas d’instance de régulation, il peut y avoir certains abus concernant les congés, les absences pour diverses raisons, les engagements hors Église (association, hobby, famille…) trop prenants. Certains ministres se livrent sur les réseaux sociaux, oubliant la réserve incombant à leur ministère… Mais qui peut donner les limites ? À part dire « Ça ne se fait pas », un président de région n’a aucune arme pour exiger quoi que ce soit. Il n’y a pas de contre-pouvoir. « Le système est fait pour des pasteurs investis ». Ces abus sont très minoritaires, mais ils prennent du temps et de l’énergie.

 

Le président de région intervient aussi en cas de conflit entre un pasteur et un conseil presbytéral, ce qui n’est pas simple, car il peut être jugé partie prenante.

 

Les outils

 

Un ministère d’écoute et de respect mutuel
©Nicolas Boutié

Le président de région n’a pas de formation ni d’autorité particulière pour gérer les conflits. Ses outils principaux sont l’écoute et l’observation pour que la bonne personne soit au bon endroit. Exercice difficile, car le panel des ministres est limité en nombre.

 

En cas de conflit dans une Église locale, il y a une procédure, suivie tranquillement. Une instance de médiation peut être nommée par le conseil régional, formée d’un pasteur et d’un laïc. Cette médiation est le signe que le problème est pris au sérieux, et permet à chaque partie en conflit d’accéder à la parole et de prendre le recul nécessaire. « Pardon, accueil, réconciliation, c’est super, c’est un miracle, un cadeau, quand ça arrive ! ».

 

L’équipe

 

Le président de région peut compter sur les membres du conseil régional et sur son vice-président. Autre instance sur laquelle s’appuyer : la conférence des présidents où chacun peut partager ses soucis, se ressourcer et se porter mutuellement. Elle permet une vision d’ensemble sur l’Église, une ouverture et une mutualisation des idées. Rencontrer les Églises locales est aussi une ressource spirituelle importante. « On a le sentiment d’être sur le même bateau, de vivre les choses ensemble ».

 

Pourtant, la solitude du président est inévitable. Il y a un moment où il est seul dans l’accompagnement d’une crise. Et où il doit trancher.

 

 

 

 

 

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