Un accompagnement spirituel et humain

Les premiers aumôniers protestants aux armées furent des pasteurs de paroisse envoyés à la guerre en Crimée (1853-1856) pour un soutien moral, humain et spirituel. Une mission qui se poursuit aujourd’hui avec des aumôniers issus de quatre cultes (catholique, israélite, musulman et protestant) qui se rendent auprès des militaires en opérations extérieures (Opex).

Partir est une chance, une opportunité, une aventure… un mois, deux mois, six mois, voire deux ou trois ans en famille.

 

 

À l’étranger

 

L’aumônier sera toujours volontaire, pour accompagner un des régiments qu’il dessert ou bien partir seul (ce qui peut changer les conditions de travail et parfois les compliquer un peu).

 

La fréquence soutenue des déplacements reste une difficulté, mais heureusement les aumôniers bénéficiant d’un délai d’un an entre chaque Opex peuvent un peu respirer. Car des départs fréquents peuvent fragiliser couples et familles.

 

Le plus difficile ? L’éloignement de la famille. D’où l’importance d’internet. Aujourd’hui, impossible de s’en passer. Cependant ces facilités sont à double tranchant ! Comment gérer à des milliers de kilomètres une machine à laver en panne ? Ou la cheville cassée du petit dernier ? Le maître mot : rester concentré sur sa mission…

 

Les demandes spirituelles ne sont en général pas clairement formulées, mais on peut être surpris. J’ai eu la joie de faire le catéchisme à un jeune parachutiste qui voulait enseigner la foi chrétienne à ses filles afin de leur transmettre des valeurs.

 

Ces séjours demeurent une belle opportunité : vivre avec les soldats, 24 heures sur 24, tout partager avec eux, les mauvais et les bons moments, le froid, la fournaise, l’ennui, les moustiques… et les beaux moments de fraternité et d’amitié où l’Évangile résonne d’une façon toute particulière.

 

 

 

L’aumônier crée un lien fort entre les militaires en France,

 

en Opex et ceux à l’hôpital (© DR)

 

 

 

À l’hôpital

 

Les militaires savent très bien qu’ils pratiquent un métier risqué et que parfois la mission peut mal tourner. Accrochages, pièges, mines, explosions ne les épargnent pas. À l’hôpital militaire de Percy à Clamart, je visite ces blessés de guerre, dont beaucoup ont été amputés. Pour ces grands blessés, tout comme pour les grands brûlés, il faut se battre, c’est dur, très dur, mais toujours ils gardent l’espoir que le mieux est devant, au bout du parcours. L’aumônier sera là pour accompagner ce chemin de reconstruction patient et douloureux, long, très long et pour être témoin des progrès et de la nouvelle vie avec, pour les croyants, la confiance en la présence du Christ à leur côté.

 

Mais ils ne sont pas les seuls à être rassurés de rencontrer l’aumônier, les personnels, au sein de leurs difficultés au travail, éprouvent un grand besoin d’écoute et de présence.

 

Ainsi l’aumônier crée un lien fort entre les militaires en France, en Opex, et ceux hospitalisés. Connaissant de près les trois situations, il est à même de les rencontrer et a le privilège d’être un liant entre les uns et les autres et… peut-être, avec celui que l’on nomme Dieu.

 

 

 

 

 

 

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