Une extension politique de l’engagement

À la question, pourquoi le label Église verte, voici un des éléments de réponse donnés : « Parce que nous avons conscience que c’est en nous convertissant ensemble que nous arriverons à bâtir ce monde plus juste et écologique nécessaire à la survie de l’humanité. »

En tant que pasteure, je ne peux qu’être d’accord avec cette prise de conscience. Celle-ci peut passer par des éléments pratiques de la vie d’Église, comme Église verte nous y rend justement attentifs. Mais notre conversion peut-elle s’arrêter au seuil de notre Église, aussi verte soit-elle ?

 

 

 

Contre la construction d’une autoroute

 

À 15 km de Strasbourg, à Kolbsheim, je fais partie du réseau de militants qui accueille une ZAD (Zone à défendre) (voir notre numéro de novembre 2018) pour lutter contre la construction d’une autoroute de contournement de Strasbourg. Ces jeunes ont accès à la salle paroissiale pour leur ravitaillement d’eau, les toilettes, l’électricité et internet. Au-delà de ces aides matérielles, un réel échange et une complémentarité s’instaurent. Ces jeunes choisissent un militantisme qui peut paraître radical. Mais, il pointe les mêmes travers de la société que nous et pose de bonnes questions.

 

Caroline et les zadistes en septembre 2018 (© DR)

 

 

 

Nous convertir ensemble

 

« Nous convertir ensemble », c’est prendre le risque d’ouvrir nos portes, nos débats et nos consciences. « Bâtir un monde plus juste et écologique » ne peut pas passer que par l’isolation de nos temples. L’Évangile nous invite à avoir le courage d’être dans le monde sans être du monde. Notre foi chrétienne peut nous motiver à accompagner ceux qui luttent avec des moyens différents des nôtres, tant que la non-violence est de mise, quitte parfois à remettre en cause les décisions politiques.

 

Le pape François, dans son encyclique Laudato si’, au paragraphe 179, écrit : « Si les citoyens ne contrôlent pas le pouvoir politique, national, régional et municipal, un contrôle des dommages sur l’environnement n’est pas possible non plus ». Le défi climatique est immense, les chrétiens ont des atouts pour participer à le relever. Mais, à force d’isoler nos Églises, n’empêche-t-on pas le monde d’entendre la puissante dynamique de la Bonne nouvelle ?

 

 

 

 

 

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