Pour Magali et Lauriane, cette expérience répondait d’abord à une volonté d’élargir leur ministère et de prendre le temps de réfléchir à ce qui est essentiel dans le témoignage de l’Église. C’était aussi une manière, pour la paroisse de Savoie, d’exprimer sa reconnaissance pour l’aide reçue lorsqu’elle en avait elle-même le plus besoin.
« Ce temps a été un moment durant lequel je me suis rendue disponible pour apporter un accompagnement, un soutien moral et spirituel, et participer à la vie ecclésiale, notamment en assurant certains cultes et la permanence obsèques, afin de soulager les équipes locales », explique Lauriane.
L’organisation a favorisé le travail en petites équipes et les rencontres avec des pasteurs retraités, nombreux dans ces territoires, tout en laissant à chacune des temps personnels.
Pour Magali, l’expérience a été l’occasion de mieux comprendre les réalités vécues par les Églises locales : « C’est important pour comprendre les attentes et les craintes des Églises locales. En vivant sur place, on comprend mieux l’univers des personnes qui y habitent toute l’année. Des problèmes qui paraissent insolubles dans un consistoire ou une Église locale peuvent perdre en intensité lorsque l’on regarde comment ils sont traités dans une autre partie de la région. Prendre du recul sur sa réalité ecclésiale est toujours positif, je crois. »
« À l’origine, le synode régional Centre-Alpes-Rhône demandait aux Églises de mettre leur pasteur à disposition pendant quinze jours par an, au profit d’œuvres protestantes dirigées par des pasteurs ou d’une Église locale ayant besoin de renfort pendant la saison touristique », raconte Robin Sautter, président de la région.
Le principe est simple : le conseil presbytéral d’une paroisse dont le poste est pourvu accepte de mettre son pasteur à disposition pendant quinze jours par an, éventuellement en deux périodes d’une semaine. La démarche repose sur le volontariat. Le pasteur intervient sur son temps de travail et l’Église qui l’accueille prend en charge les frais liés à son séjour.
Le dispositif peut également dépasser les frontières de la région. Ainsi, des pasteurs de la région de Berlin sont venus prêter main-forte à Dieulefit à l’été 2025, puis à Privas à l’été 2026.
Pour Magali, « ce type d’organisation peut être une solidarité concrète et réciproque entre Églises locales et renforcer la synodalité au sein de la région ».
Lauriane pense reproposer son aide pour le programme « Quinze jours pour les autres » : « Merci au consistoire de la Montagne pour son authenticité et sa confiance ! » Une expérience qui rappelle que, face aux difficultés pastorales, la solidarité entre Églises peut devenir une réalité très concrète : quinze jours pour aider, mais aussi quinze jours pour rencontrer, apprendre et recevoir.
© Antoon
Le Puy-en-Velay dans le consistoire de la Montagne
