Né à Dijon, où il passe sa petite enfance, sa vie est animée très tôt par des déplacements incessants. Dès 11 ans et jusque 16 ans, c’est à Paris et sans ses parents que Vincent intègre la Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois puis le Jeune Chœur de Paris pour poursuivre le chant qu’il pratiquait en primaire avec la maîtrise de la cathédrale de Dijon. Durant ces années, avec ces chorales, il a participé à de nombreuses tournées, qui pouvaient s’étendre sur deux mois, dans toute la France et dans le monde. C’est donc loin de ses parents et de sa famille que l’adolescent évolue. Il ne garde pas forcément de bons souvenirs de cette période où il était regardé comme un adolescent introverti. Ces activités lui étaient proposées pour le sortir de sa timidité. « J’ai dû, tout le temps, m’adapter et me conformer pour correspondre à ce que l’on attendait de moi car je voyais bien que je n’étais pas dans le moule. » Il a pourtant su garder le cap.
À 22 ans, la mort de son père affecte profondément le jeune homme, juste au moment où il termine ses études au conservatoire régional de Paris et à l’École supérieure d’art dramatique. Relevé, il poursuit différentes formations et entame une vie professionnelle éclectique, entre autres en œnologie, au théâtre, au Samu de Paris…
De culture catholique, il est aujourd’hui très attaché au protestantisme. Il a même longtemps hésité à embrasser les études de théologie pour devenir pasteur. Si le ministère pastoral l’intéresse pour son travail de lecture des textes bibliques, pour l’exégèse, l’herméneutique et la prédication, il reconnaît que la dimension de l’écoute et de l’accompagnement des personnes est au-delà de ses possibilités. « Je ne renonce pas pour autant à faire de la théologie mais ça ne sera jamais en vue de devenir pasteur. » Pour l’heure, son choix s’est porté sur la psychologie. Cette reprise des études requiert un certain courage.
À quelques mois de ses 33 ans, son âge aujourd’hui, il est diagnostiqué autiste. « Je tiens à ne pas masquer ce diagnostic car, dit-t-il, tout s’éclaire. Je comprends enfin les raisons de mon instabilité répétée. Jusqu’ici, je n’avais jamais véritablement compris ce qui expliquait ce désintérêt si rapide pour ce qui pourtant avait semblé m’animer. »
À Dijon, les rencontres du groupe Étudiants et jeunes actifs se sont imposées, depuis quelques années, comme un véritable moteur de la vie paroissiale. Et Vincent, depuis qu’il s’est réinstallé en Bourgogne avec son compagnon, est un des membres moteurs de cette dynamique. Il est toujours de bonne compagnie et apporte autour de lui de bonnes bases pour une réflexion solide et un engagement fort.
Certes, avec le diagnostic qui lui a été révélé, il doit apprendre à mieux se ménager, s’écouter et anticiper ses limites. Pour autant, il reste ce jeune homme sur qui l’on peut compter. Il a accepté de faire le lien avec le réseau national jeunesse et catéchèse pour l’accueil du week-end national de catéchèse qui a eu lieu à la mi-mars, à Dijon.
Vincent a cette capacité en lui, peut-être sans vraiment s’en rendre compte, de partager aisément sa foi et ce qui l’anime. Une confiance communicative !
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Vincent Bognon
