© Marc Frédéric Muller
Christian Grandhaye et Philippe Tinguely, diacres permanents
Christian Grandhaye et Philippe Tinguely sont tous deux « diacres permanents » de l’Église catholique, dans le diocèse de Belfort-Montbéliard. Ce ministère est strictement masculin ; sa spécificité est d’être l’attestation du sacerdoce universel des baptisés, envoyés au monde. En 2009, le pape Benoît XVI a publié une lettre qui fait autorité pour définir ses attributions et ses limites : « Ceux qui sont constitués dans l’Ordre de l’épiscopat ou du presbytérat reçoivent la mission et la faculté d’agir en la personne de Christ Chef, les diacres en revanche deviennent habilités à servir le Peuple de Dieu dans la diaconie de la liturgie, de la Parole et de la charité. » Ainsi les diacres sont hiérarchiquement inférieurs aux prêtres mais, précise Christian, « ils ne leur sont pas subordonnés ; cette précision est très importante pour éviter le risque de brouiller ce qui est propre à chacun ».
On comprend que l’articulation entre ces deux ministères est délicate ; l’expérience a montré le besoin d’être au clair sur le périmètre de son ministère. C’est un point de vigilance également repéré au sein des Églises protestantes qui ont une organisation un peu similaire, même si les comparaisons ont leurs limites. Christian souligne le besoin de « travailler la justesse des relations, dans la connaissance et l’estime réciproques ».
Concrètement, Philippe mentionne les tâches qui leur sont confiées : « Au départ, ils étaient surtout à l’œuvre dans le champ social pour assurer une présence de l’Église dans les milieux précaires, mais cela s’est progressivement élargi en raison de la diminution du nombre de prêtres. Aujourd’hui, ils peuvent prêcher, ils baptisent et reçoivent les engagements des époux. Mais ils ne peuvent pas célébrer les autres sacrements, notamment l’eucharistie. » Au moment de leur ordination, les diacres reçoivent une lettre de nomination de l’évêque, qui peut aussi leur confier une mission diocésaine. Ainsi Philippe est chargé du dialogue avec l’islam. Souvent, ils sont rattachés à une paroisse pour collaborer avec les prêtres, mais « on n’est pas diacre d’une paroisse ».
En France, le ministère de diacre est bénévole. C’est différent en Allemagne. Il y a des pays où les évêques ont préféré ne pas en ordonner jusqu’à présent, comme en Afrique subsaharienne.
Pour être diacre, il faut suivre une formation initiale. Elle dure cinq années et, pour les candidats mariés, elle doit obligatoirement intégrer les épouses. Celles-ci sont donc pleinement engagées avec leurs maris au service de l’Église. Pour l’anecdote, l’annuaire diocésain avec la liste des diacres l’atteste bien ; leurs noms apparaissent à côté de ceux de leurs conjoints. Qu’en est-il de l’ouverture du ministère diaconal aux femmes ? Si la discussion a été ouverte depuis déjà longtemps et que les oppositions ne sont pas vraiment d’ordre biblique, historique ou théologique, cela ne semble pas être à l’ordre du jour, peut-être par prudence…
Actuellement, dans le diocèse de Belfort-Montbéliard, on compte vingt-deux diacres pour vingt-cinq prêtres en activité. Cela donne une idée de leur importance pour le fonctionnement de cette Église. Christian et Philippe constatent le chemin parcouru, avec le souci de l’unité dans leur Église. Ils font corps avec leurs collègues et sont particulièrement attachés à leur fraternité diaconale : ce ministère les porte « chacun et tous ensemble ».
