
Et d’ailleurs, la racine grecque du mot enthousiasme ne signifie-t-elle pas « inspiré par un dieu ou par les dieux ? »
Voici donc une petite chronique, dans le désordre, de ce qui a animé la paroisse dernièrement.
Poser des mots pour construire
Pour l’Avent, le Conseil presbytéral a voulu offrir les trois textes du Synode aux paroissiens. Les paroissiens ont reçu un lien pour aller voir et partager sur YouTube la lecture des textes du synode national « Écologie : quelle(s) conversion(s) ? ». Ces vidéos enregistrées un samedi matin au temple de Condé représentent déjà une forme de témoignage, elles ont cumulé quatre-vingts vues.
Avec cet exercice, chacune et chacun, nous avons pu commencer à nous imprégner de ce travail collégial qui aura duré trois ans. Les positions théologiques, puis éthiques, complétées par les paroles publiques et ecclésiales donnent du sens à nos actes et nos engagements. Cela nous aide à faire le lien théologique et à mettre des mots sur ce que nous voulons construire collectivement.
Nous avons également accueilli avec enthousiasme le vœu voté lors du Synode régional de l’Église protestante unie en Nord Normandie 2021 qui a souhaité relayer la décision nationale, encourager les Églises locales à s’engager dans la démarche « Église verte » en partageant cet élan avec les paroisses déjà engagées dans ce label. En effet, « c’est tous ensemble que nous nous en sortirons ».
La parole aux arbres
À l’occasion de la COP26, pour sensibiliser nos concitoyens aux questions climatiques, nous avons organisé une action autour des arbres, poumons de la planète pour capter du CO2 et lutter contre le réchauffement climatique. Avec les Frères des campagnes de la Carneille et des amis catholiques, nous avons écrit des slogans que nous avons accrochés devant le temple et dans les arbres du centre-ville de Condé, un accrochage éphémère fait pour susciter des questionnements comme avec ces deux exemples : « Je veux que mes enfants connaissent d’autres pommes que celles de leur iPhone » ou « Les arbres sont nos climatiseurs ».
Peu après, début décembre, nous étions plusieurs de la paroisse à nous retrouver à la Carneille, entre amis, pour « jouer sérieusement » à la Fresque du Climat. Une manière ludique pour bien en comprendre les enjeux et pouvoir ensuite en parler.
Pour 2022 nous travaillons à la réalisation d’un jardin de maraude autour du temple et nous réfléchissons à agir aussi d’un point de vue social, localement, car les dérèglements climatiques touchent d’abord les plus démunis.
Interroger, accompagner
Mais pourquoi faire tout ça ? Parce que les générations futures nous interrogent sur notre capacité d’agir en Église, parce que dans ces temps d’urgence climatique nous sommes appelés à veiller, à nous interroger autant sur nos cohérences que sur nos incohérences, à ne pas culpabiliser, et à accompagner les peurs et les doutes.
Finalement nous pouvons partager une fois de plus une des conclusions du forum de Condé en 2019 sur le thème Vivre simplement : « Nous nous tournons vers l’Espérance en raison de la conviction qu’un monde autre est possible, qu’une vie simple est savoureuse et que Dieu est au-devant de nous ».
