© Robert Poulain
Anne-Sophie Nival lors du vernissage de l’exposition « L’accueil et le service ».
Comment ces expositions ont-elles vu le jour ?
Francine Lanceleur-Brenning, la présidente du conseil presbytéral du temple Grignan, travaillait sur le projet d’événement « 200 ans de protestantisme à Marseille » à l’occasion des 200 ans de l’inauguration du temple. Elle a eu l’idée d’une exposition photo. Un comité de pilotage s’est monté et a proposé 7 ou 8 thèmes. Trois d’entre eux ont été retenus : les œuvres du consistoire de l’Arc phocéen, son architecture et les symboles de la foi protestante.
Quelle a été votre approche pour l’exposition sur les œuvres protestantes ?
C’est une exposition de photographie documentaire avec une approche journalistique. J’ai travaillé sur six terrains : ceux des associations Marhaban, Jane Pannier, La Fraternité Belle de Mai, l’Entraide de La Ciotat et Accueil et Rencontres, et celui de l’Hôpital européen. L’idée était de témoigner de l’engagement du personnel encadrant. Les photographies mettent davantage en valeur les bénéficiaires mais on sent le « prendre soin ». Il n’y a pas de scènes posées, tout est spontané. J’ai mis en avant la vie, le vivre-ensemble. Ce qui m’a frappé dans toutes ces œuvres, c’est le souci du personnel encadrant de rendre les personnes bénéficiaires autonomes, en leur donnant les moyens d’agir.
Comment avez-vous photographié l’architecture et les symboles de la foi ?
Dans l’exposition sur l’architecture protestante, nous sommes plus dans une démarche artistique. Il s’agissait de présenter les six temples du consistoire de l’Arc phocéen avec un angle différent, avec mon regard. J’ai voulu montrer que les temples étaient des lieux ouverts, désacralisés. Nous avons ajouté à l’exposition cinq édifices réalisés par des protestants : Notre-Dame-de-la-Garde, le Palais Longchamp et le Palais des Arts, que l’on doit à l’architecte Henri Espérandieu, le bassin Saint Christophe imaginé par l’ingénieur Franz Mayor de Montricher, et la Cité radieuse de Le Corbusier. Les photographies de l’exposition sur les symboles de la foi sont d’un autre genre, celui de la nature morte. Nous sommes là dans un univers rigoureux, sans trop de fioritures, qui me convient bien. Car j’aime aller chercher les lignes graphiques dans les objets.
Qu’est-ce qui vous caractérise comme photographe ?
Je privilégie l’humain. J’ai l’habitude de photographier la connivence, la complicité, le lien. J’essaie toujours de voir la beauté de l’ordinaire. Mon challenge, c’est de capter le bon moment. Et je travaille uniquement en lumière naturelle, ce qui apporte de la douceur et donne l’opportunité de jouer avec elle, avec la vie.
© Anne-Sophie Nival
Exposition « L’accueil et le service » : repas partagé à la Fraternité Belle de Mai.
Expositions photo « Témoigner » : jusqu’au 14 juin 2026 à Marseille
« L’accueil et le service », sur les œuvres protestantes du consistoire de l’Arc phocéen, et « Bâtir et transmettre », sur son architecture protestante : au Parvis du protestantisme et au temple Grignan (15, rue Grignan 13006 Marseille).
« L’écoute et l’espérance », sur les symboles de la foi protestante : au temple de Marseille Sud-Est (8, bd Magnan 13009 Marseille).
Jours et horaires de visite à consulter sur le site www.protestants-marseille.org
Contact : protestants-marseille@gmail.com
