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En 1626, la protection des ambassades protestantes rend ce culte possible dans la capitale. Ce fragile commencement inaugure une trajectoire qui croisera peu à peu la tradition réformée. La table ronde du 27 novembre, à l’Institut protestant de théologie de Paris, s’inscrit dans cette mémoire en mouvement.
Au fil de cette rencontre, les apports échappent à toute symétrie. Les deux traditions partagent la conviction que l’existence croyante se reçoit d’une grâce qui la précède et que l’Église naît de la Parole qui la rassemble. Les controverses ont notamment porté sur la Cène ; le rapport entre Loi et Évangile demeure en discussion, tandis que des écarts subsistent légèrement dans l’ordre ecclésial. Bien avant l’union institutionnelle, ces accents circulaient dans le culte et la formation, infléchissant aussi l’engagement dans la cité.
Ce cheminement trouve en 1973 un cadre ecclésial avec la Concorde de Leuenberg. En reconnaissant la communion de chaire et de Cène, elle rend possible une unité où les particularités confessionnelles conservent leur fécondité. En France, l’Uepal réunit depuis 2006 les Églises luthérienne et réformée d’Alsace et de Lorraine, chacune gardant son organisation propre. En 2013, l’Église évangélique luthérienne de France et l’Église réformée de France donnent naissance à l’EPUdF.
Ces étapes ouvrent un chantier où l’union ecclésiale s’évalue à ce qu’elle transforme dans la compréhension de l’Église et l’exercice du ministère. Quand une conviction venue de l’autre tradition déplace-t-elle une pratique ? Comment la différence conduit-elle la communion à approfondir ce qu’elle croyait acquis ?
Le sujet appelle une réflexion nourrie par l’étude et l’expérience ecclésiale. Samuel Amédro, président du conseil régional de la région parisienne réformée, et Marc-Frédéric Muller, inspecteur ecclésiastique de la région Est-Montbéliard, exercent chacun un ministère d’unité et d’impulsion qui contribue au discernement collégial des conseils et des synodes. Esther Lenz, précédemment inspectrice ecclésiastique et désormais responsable de la formation théologique et spirituelle des adultes en Uepal, assurera la modération. Leurs parcours relient ainsi ces enjeux aux réalités des paroisses et à l’accompagnement des fidèles.
Dans une société où les appartenances religieuses se recomposent et la confiance envers les institutions s’érode, le témoignage chrétien gagne en justesse lorsqu’il émane d’Églises exercées à la communion. Une Église qui a appris à recevoir d’une autre confession porte une expérience du commun capable d’honorer les mémoires et la responsabilité de chacun. Les communautés façonnées par les migrations font résonner ces héritages au cœur de nos paroisses. Ces échanges théologiques se déploient désormais bien au-delà de la France et de l’Europe.
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Une interrogation pourrait servir de fil à cette soirée. Qu’avons-nous reçu de l’autre qui a changé notre manière d’être Église, et quel témoignage cette réception rend-elle aujourd’hui possible ? Le 27 novembre, la table ronde offrira un lieu à ce discernement. Le jubilé trouve alors sa portée dans ce que cette longue fréquentation nous permet de comprendre et d’entreprendre ensemble.
