Par exemple, alors qu’Abraham prie afin que Sodome et Gomorrhe soient épargnées, à force de persévérance, Dieu cède à Abraham (Gn 18.32). On retrouve ce changement pour la ville de Ninive (Jon 3.10).
Jésus aussi, à l’image de Dieu, change d’avis sur l’insistance de la femme cananéenne. Après un dialogue serré et argumentatif entre lui et la femme, Jésus capitule (Mt 15.28).
Notons que Jésus cède toujours en faveur de la vie.
Puis, a contrario, on nous donne aussi l’image d’un Dieu immuable, qui ne change pas (Ml 3.6 ; Ps 102, 28 ; Jc 1.17). On attribue aussi cette immuabilité à Jésus (Hé 13.8).
En mouvement
Dieu change ou ne change pas ? Je saisis l’option d’un dieu qui change d’une certaine manière.
Seule la mort fige. La vie, par définition, ça change, ça évolue, ça bouge, sinon, ça se décompose.
Si Dieu est vie, alors on peut dire qu’il change lui aussi et que nous sommes invité·e·s à vivre en épousant le mouvement de Dieu.
Le mouvement, le changement, ça peut nous surprendre, nous agresser, nous bousculer et on y oppose d’emblée une résistance, c’est la réaction normale. Là où il y a de l’humain, il y a une culture et tout ce qui bouscule des éléments culturels heurte, dérange.
Et en Église ?
Notre fonctionnement d’Église est une culture, on parle de « culture d’Église », et même si on peine de plus en plus à maintenir cette culture, on a du mal à faire aboutir une réflexion parce que nous avons peur de la pousser jusqu’au bout. Nous avons peur du vide entre lâcher et construire, cette transition est difficile.
Souvenons-nous que notre culture d’Église est un outil au service du dieu de Jésus-Christ. Dans cette culture, il y a du pertinent, mais aussi de l’obsolète, qu’on maintient par nostalgie. L’obsolète parasite souvent ce qui est pertinent. Oserons-nous une mise à jour ? On le fait bien pour nos ordinateurs, nos intérieurs, nos véhicules…
Dès le début, dans le Nouveau Testament, nous voyons l’Église évoluer en lien avec les réalités de terrains, rien n’est figé, elle cherche et s’adapte pour préserver l’essentiel : le culte (dont la forme est diverse), l’annonce de l’Évangile et le soutien aux uns, aux unes et aux autres. Cet essentiel est la seule chose importante qui mérite qu’on s’y attache, c’est à l’outil de s’adapter à cet essentiel.
Si Dieu change, sa fidélité demeure et c’est, je crois, à cette fidélité que font référence ces versets qui parlent d’un dieu qui ne change pas. L’Église n’est pas en danger, elle est soutenue par la fidélité de Dieu. Quelles qu’en soient les formes adoptées, rien ne la mettra en péril.
Dieu est vie et nous entraîne dans son mouvement de vie, nous ne pouvons donc rester figé·e·s dans notre manière de le servir.
Dans la première lettre à Timothée, nous lisons ceci :
« Nous n’avons rien apporté dans ce monde, comme aussi nous n’en pouvons rien emporter. » (1 Tm 6.7)
Nous n’emporterons pas notre culture d’Église avec nous ; ça peut nous aider à discerner l’essentiel du secondaire. Que toute réflexion, tout changement, soit en faveur de la vie !

