Le repos de Dieu

« Le septième jour toute l’œuvre que Dieu avait faite était achevée et il se reposa au septième jour de toute l’œuvre qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car en ce jour Dieu s’était reposé de toute l’œuvre qu’il avait créée. » (Genèse 2.2-3)
© Nicolas Renaud

En quoi consiste le repos de Dieu, selon cette histoire, on ne le saura jamais. Mais une chose est sûre, il ne s’y repose qu’après avoir bien travaillé. Car sortir et façonner le monde à partir du chaos primordial, ça n’a l’air de rien, mais c’est un sacré travail !

 

Le soutien de la Parole

 

On a peut-être certes pensé que se borner à parler pour que les choses arrivent n’est pas trop fatigant. Dieu dit un mot et toc, la chose apparaît, toute fraîche et bien disposée. Eh bien si, apparemment, c’est fatigant ! La preuve : les Écritures reprennent trois fois le rappel de ses œuvres. Or si la tâche est si rude, il faut croire que la Parole de Dieu est l’instrument le plus puissant qu’on puisse imaginer, et qui demande une énergie sans mesure pour être déployé.

 

Tel était, peut-on penser, le sentiment des gens qui ont raconté cette histoire. Et ils ne l’ont pas écrite sans une profonde réflexion et sans une certitude assurée : la Parole de Dieu, énergie toute puissante, a fait et structure le monde. C’est ainsi qu’il tient. Dieu peut se reposer.

 

Il peut se reposer sur l’humain, qu’il a placé, à son image, au poste de seigneur de ce monde. À tel point, que l’humain lui aussi devra se reposer le septième jour, car son œuvre est immense, épuisante. Pensez : tenir ce monde-là en bon ordre, jour après jour, semaine après semaine…

 

Or les gens qui ont écrit cette histoire savaient parfaitement que les humains n’ont jamais été à la hauteur de cette tâche. Ils pensaient sans doute, en revanche, que, quoi qu’il arrive, la Parole continuerait à tout soutenir en douce, sur sa lancée, afin que tout cela ne s’effondre pas totalement… le temps que Dieu sorte de son repos.

 

Le huitième jour

 

Tous prêtres qu’ils étaient, ils n’en avaient pas moins connu les paroles de leurs concurrents les prophètes, qui annonçaient souvent l’intervention de Dieu dans l’histoire. Car au fond, on se pose forcément la question de la fin de ce repos… et de la survenue du huitième jour !

 

Alors pour suivre la logique de l’histoire, imaginez que Dieu se remette à l’œuvre, jette un œil sur ce monde et s’exclame : « Non, ce n’est pas possible, en quel état je retrouve tout ça ! »

 

Et qu’il se dise : « Tiens ! C’était mieux au commencement, je vais me remettre au travail. Tant pis pour mon jour de repos, ce monde que j’ai travaillé si durement à créer a mal vieilli. » Ou même : « Ah non ! Ce n’est pas du tout cela que je voulais ; j’efface tout et je recommence ! » Ou même : « J’efface tout pour de bon ! ».

 

Il pourrait aussi se dire : « Car l’humain a failli, il n’a pas joué son rôle, il n’a pas placé son monde sous mon règne, sous le règne de ma Parole de vie. Il n’a pas accompli sa tâche. » Ce serait logique, car on ne peut présenter l’image d’un monde parfait voulu par Dieu sans amener à considérer ce qu’il en est de la réalité.

 

Or Dieu a fait un break dans son repos. Le temps de la fin de ce repos s’est immiscé dans notre histoire juste un moment, avec Pâques. Le huitième jour a pointé son nez chez nous par avance. C’est que Dieu dispose d’un monde en réserve pour le jour où il décidera de se remettre au travail. Dieu est créateur : s’il se repose, c’est pour aller plus loin.

 

 

 

 

 

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