Ma cuisine, au cœur de l’univers

Une table, une chaise, une fenêtre peuvent suffire à se déconnecter du monde et des soucis du quotidien. La banalité comme base de départ vers une paix nourrie de beauté et de totale liberté.

Un des mes lieux de paix est la cuisine de mes vacances. Le soir, par la fenêtre, je peux assister aux couchers du soleil derrière le pic du Lizieux. Jamais pareils, parfois décevants, ces spectacles colorés peuvent être étonnants, bouleversants de beauté. Pas facile d’en parler, tellement on a vu de photos idylliques sur le sujet ! Et pourtant, assister à ces jeux aléatoires de couleurs qui changent de nuance imperceptiblement procure un sentiment de paix, de sérénité, de joie aussi, de simple bonheur. Et si Dieu n’avait créé la Terre et tout ce qui l’entoure que pour cette beauté-là ?

 

(© pixabay)

 

 

 

Quand le spectacle est fini, je me tourne d’un quart de tour sur ma chaise. Devant moi, sur la table, une feuille blanche. Dans ma main un crayon à papier fin et bien taillé. Je lance le premier trait, au hasard, puis à partir de ce trait, j’en trace d’autres, sans savoir où je vais. Tout ce que j’ai fini par comprendre, c’est que je recherche l’équilibre. Un équilibre aussi aléatoire que les couleurs du couchant, qui se construit au fur et à mesure de traits, de courbes, de détails minuscules ou de silhouettes qui apparaissent, presque malgré moi. Souvent des oiseaux surgissent au milieu d’entrelacs plutôt végétaux, élégants, dressés sur de longues pattes, ou trapus avec des pieds palmés. Ou des poissons, ou des poissons-oiseaux, ou des visages étranges mais plutôt souriants. Des insectes improbables, avec des ailes et des chaussures. J’aime bien dessiner de grosses chaussures à mes personnages. Question d’équilibre encore, sans doute, d’ancrage au sol. J’aime dessiner aussi des chapeaux rigolos aux lutins qui régulièrement viennent s’inviter dans mes dessins.

 

 

Peu à peu, je me suis créé un univers totalement imaginaire et inutile. Un truc qui me prend des heures et qui ne sert à rien. Des heures de totale liberté, canalisée uniquement par la pointe de la mine de mon crayon. Des heures de calme, de repos, de ressourcement. Des heures de créativité en noir et blanc, sans autre but que le plaisir du moment. L’esprit se vide de toute préoccupation. Tout ce qui compte, c’est ce crayon qui va noircir un peu plus ce trait, combler ce vide, rattraper cette courbe ratée… Une forme de méditation qui échappe à la mainmise de l’intellect. Un lâcher prise. Un voyage hors de l’espace et du temps, pour mieux y revenir, comme rassurée, protégée, stimulée par cet univers où rien de mal ne peut arriver.

 

 

Ces traits inutiles me relient au dessin des nervures d’une feuille, des branches d’un arbre, des ailes d’un papillon, aux traces du vent sur le sable mouillé, aux ondulations des graminées l’été… Il y a partout dans la Création, du microcosme au cosmos, une splendeur à couper le souffle et totalement inutile. Dans cette inutilité là, je me ressource. Pour elle, je rends grâce à Dieu.

 

 

 

 

 

 

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