Mon amie pas croyante

Quand la figure spirituelle qui nous fait bouger n’est pas là où l’on pense ! Écouter ses amis conduit parfois à cheminer dans sa propre foi.

Il y a quelques années, alors catholique depuis plus de quinze ans, je bataillais avec ma foi et ma pratique. Un long combat, parfois douloureux, souvent pénible. Je n’arrivais pas à accepter que la manière de pratiquer que j’avais apprise et intégrée ne faisait pas (ou du moins plus) sens pour moi. Mon engagement en Église et mon appartenance à une communauté, souvent convaincue de détenir l’unique vérité, me bridaient dans mes réflexions, et je ne m’autorisais pas à me poser véritablement les bonnes questions.

 

J’ai alors quitté ma Bretagne natale, pour des raisons professionnelles. Ce départ fut l’occasion d’une page blanche spirituelle : je pouvais tout réécrire, tout réinterroger.

 

Mais cette page blanche, je me suis retrouvée à la vivre seule. Non pas sans l’aide de Dieu, mais sans une famille spirituelle avec laquelle partager ma foi.

 

C’est durant ces mois de solitude spirituelle qu’une amie m’a interrogée : « Pourquoi tu ne vas pas voir chez les protestants ? La manière dont tu parles me semble vraiment proche de ce que j’en connais. »

 

 

Va chez les protestants

 

C’est anodin, c’est bien peu de choses et ça ne bouscule pas les tréfonds d’une âme. Et pourtant… Ces paroles ont finalement été ce genre d’interpellation qui change une vie.

 

Confiante en cette amie qui m’était chère depuis longtemps – nous avions fréquenté les bancs de la faculté de philosophie ensemble pendant des années, et partagé tant de choses -, j’ai poussé dès le lendemain la porte d’un temple de l’EPUdF.

 

Puis j’ai relancé la discussion avec cette amie, lui demandant ce que je n’avais même pas osé face à son interpellation quelques jours plus tôt : qu’est-ce qui lui avait fait penser « protestantisme » dans mes propos sur Dieu et la foi ?

 

Nous avons parlé de grâce gratuite, de liberté, d’autonomie, de responsabilité. Nous avons également parlé d’ouverture, d’amour et d’accueil inconditionnel. Et c’est effectivement tout ce que je trouve aujourd’hui dans le chemin de foi qui est le mien, au sein du protestantisme luthéro-réformé.

 

Une lampe sur ma route

 

Aujourd’hui, je vis ma foi d’une manière qui me réjouit, qui m’inspire, qui me met en mouvement chaque jour. Cette amie a été une lampe sur ma route. Sans chercher à le faire, sans même en être consciente à l’époque, elle a transformé ma vie à un point que ni elle ni moi n’imaginions. Elle m’a aidée à trouver mon équilibre dans la foi, à y grandir et à y cheminer et m’accompagne encore aujourd’hui de ses interpellations dans mon parcours d’étudiante en théologie et – je l’espère – de future pasteure.

 

Cette amie n’est pas un modèle spirituel, à dire vrai elle n’est même pas croyante ; c’est simplement une amie qui a osé m’interpeller et, ainsi, m’a mise en mouvement vers Dieu et vers moi-même.

 

 

 

 

 

#Actualité #Spiritualité

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