Une des premières difficultés est qu’il n’y a pas une, mais des mobilités
Mobilité géographique durable ou pendulaire (il y a peu de rapport entre une migration à l’autre bout du monde et une vie à cheval sur deux lieux parce que l’on possède une résidence secondaire).
Mobilité technique ou numérique, qui permet parfois de vivre à un endroit en appartenant à un autre (une personne habitant Tahiti s’est inscrite au week-end de paroisse parce qu’elle en avait entendu l’annonce lors du culte retransmis sur le site internet et que cela correspondait aux dates d’un séjour en France !).
Mobilité spirituelle, de plus en plus de personnes au cours de leur existence traversent des cultures ecclésiales diverses. Chez nous le huguenot familier des psaumes en version Marot/Goudimel se fait rare… Souvent le djembé ou la guitare sont plus adaptés que l’orgue pour l’accompagnement des cantiques de référence !
Un accueil au-delà d’un simple bonjour
Bien sûr, non seulement ces mobilités peuvent se conjuguer entre elles, mais en plus on ne répond pas aux défis posé par chacune d’elle. En Église, nous avons testé quelques pistes au fil du temps. L’accueil doit être vécu comme préoccupation à part entière : il ne s’agit pas seulement d’accueillir avec un sourire les personnes qui viennent au culte, mais de s’organiser pour faire vraiment connaissance avec elles et accueillir leurs expériences passées, leurs potentialités et leurs limites. Par exemple : un carton, sur lequel on peut laisser ses coordonnées et/ou ses questions, disponible à l’entrée de l’Église. Un contact téléphonique rapide permettra d’affiner la demande : une invitation ou une visite offrira à la fois de faire connaissance et d’expliquer le fonctionnement de la paroisse. Il est possible aussi de mettre en route une activité inhabituelle parce que justement arrivent quelques personnes à qui cela correspondrait et qui n’étaient pas là avant, etc.
Reconnaître les rythmes qui diffèrent
Adapter le rythme des activités est une nécessité. Les temps chômés ou travaillés (retraite, vacances scolaires) et les occasions de retrouver (ou pas) ceux dont nous vivons éloignés rythment nos emplois du temps plus que les fêtes liturgiques. De plus, la plupart des personnes que nous accompagnons n’ont pas suivi un parcours catéchétique complet et continu (baptême, école biblique, catéchèse, confirmation). Les temps changent !
On peut par exemple : proposer des temps de rassemblements de la communauté autres que les fêtes classiques, à des dates adaptées au rythme local ; proposer des temps de formation sur des cycles brefs, des séries sur quelques semaines ou quelques mois ; développer des mises en réseau qui font le lien entre deux présences via Internet (envoi de liens avec vidéo ou lectures, binômes travaillant à distance, sur une question etc.).
Discerner efficacement et faire confiance rapidement
Si on attend plusieurs années avant de confier des responsabilités, les personnes seront reparties avant que nous ayons pu bénéficier de leur engagement. Cela aussi est une tâche à part entière, pour que, sans précipitation, il soit possible aussi d’imaginer des ministères qui puissent s’inscrire de façon graduelle au service de l’Église : intégrer une équipe de liturges ou d’animation de telle activité, mais aussi accueillir une vocation et la laisser se déployer même quand cela n’était pas prévu.
De la rapidité avec laquelle nous manifestons aux personnes qu’elles font vraiment partie de la communauté dépend souvent la richesse qu’elles, comme nous, trouvent dans la vie ecclésiale.

