Des partenariats fraternels et actifs

Depuis plus de quarante ans déjà, la région Nord-Normandie a noué des relations vivantes avec les frères d’Outre-Manche. Patrick Wintrebert en décrit les enjeux.

Comment se déroulent ces échanges, que partagez-vous ?

 

Ces relations ont débuté par ce que l’on appelait le « colloque franco-britannique » : chaque année, pendant quatre jours, des membres des deux Églises échangeaient sur leurs perspectives théologiques et spirituelles. Depuis quelques années, ces rencontres se sont transformées en une formule plus conviviale et familiale, celle du « week-end franco-britannique », qui se déroule chaque année au printemps. Groupes et familles se retrouvent alternativement en France et en Angleterre, accueillis au sein d’une paroisse. Le partenaire de ces rencontres est le synode du Wessex de la United Reformed Church of England, une Église née en 1971 de l’union de l’Église presbytérienne d’Angleterre, d’Églises congrégationalistes d’Angleterre, du Pays de Galles et d’Écosse, et de l’Église du Christ. Au programme de ces journées, des activités ludiques et festives, des visites touristiques, des temps de méditation et de réflexion. Le tout est couronné par le culte dominical bilingue. De beaux moments de partage…

 

 

 

Ces liens dépassent-ils les simples rencontres familiales ?

 

Les échanges se vivent aussi au niveau des synodes respectifs. Le nôtre accueille chaque année un délégué en la personne d’Helen Everard. Un membre du conseil régional assiste au synode du Wessex, qui se répartit sur deux journées dans l’année.

 

(© Commons wikimedia)

 

Quel est l’avenir de ces relations ?

 

Ces liens se sont élargis depuis cinq ans à la United Church of Zambia, Église avec laquelle le synode du Wessex entretient un partenariat depuis une dizaine d’années. De 2009 à 2011, vingt-quatre jeunes et neuf accompagnateurs venant de ces trois Églises et de la Methodist Church of England ont séjourné successivement en Angleterre, en Zambie et en France. Au terme de cette expérience qui a marqué les esprits par la qualité des échanges, il a été décidé de poursuivre l’aventure en recherchant de nouveaux projets communs. L’initiative est venue de Zambie avec la proposition d’instaurer des jumelages tripartites entre les Églises. Trois Églises de la région Nord-Normandie ont à ce jour répondu à cette proposition. Le processus n’en est qu’à ses débuts. Le conseil régional espère qu’il prendra de l’ampleur, porté à la fois par le souci d’être en communion avec des Églises au-delà des frontières, et le désir de s’enrichir au contact de communautés qui vivent et témoignent différemment de l’Évangile.

 

 

 

 

 

#Dossiers

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Se sentir appelé
Faire face au manque de pasteurs
Se sentir appelé
Un dimanche – j’avais une douzaine d’années – j’ai lu durant le culte le texte biblique, à la demande du pasteur. À la sortie, un homme qui m’était inconnu, est venu me serrer la main : « Monsieur, vous serez pasteur ou avocat ! »
Former des animateurs de culte et des prédicateurs laïcs
Faire face au manque de pasteurs
Former des animateurs de culte et des prédicateurs laïcs
Aujourd’hui, nous manquons de pasteurs : la plupart des églises locales vivent au moins une vacance pastorale. La solution : des cultes dominicaux assurés par des paroissiens ?
Les ministères particuliers à l’UEPAL
Faire face au manque de pasteurs
Les ministères particuliers à l’UEPAL
L’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal), dont les pasteurs sont rémunérés par l’état, n’échappe pas à la baisse des effectifs pastoraux. Pour y faire face, elle a notamment mis en place des ministères particuliers.
Ministères en tension : le défi de la relève
Faire face au manque de pasteurs
Ministères en tension : le défi de la relève
Alors que de nombreux pasteurs partent à la retraite, les commissions des ministères de l’Église protestante unie de France (EPUdF) et de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal) se retrouvent devant une équation complexe : comment maintenir l’exigence théologique tout en parant à l’urgence symbolisée par des chaires vides ?
Prendre soin du ministère pastoral
Faire face au manque de pasteurs
Prendre soin du ministère pastoral
Epuisement professionnel, harcèlement, racisme, persistance du sexisme, y compris au sein du « corps » pastoral… La multiplication de ces situations a poussé l’institution ecclésiale à prendre des mesures pour améliorer l’accompagnement des pasteurs.
Mourir pour l’Évangile : d’accord, mais de mort lente
Faire face au manque de pasteurs
Mourir pour l’Évangile : d’accord, mais de mort lente
Les institutions adorent les vocations quand elles permettent de demander plus avec moins. La vocation sert trop souvent à rendre naturel le surinvestissement : tu es appelé, donc tu comptes moins tes heures ; tu sers, donc tu ne te plains pas ; tu aimes, donc tu t’épuises.
Jérôme Cottin : « Le métier de pasteur reste attractif »
Faire face au manque de pasteurs
Jérôme Cottin : « Le métier de pasteur reste attractif »
Jérôme Cottin, professeur de théologie pratique à la faculté de théologie protestante de l’université de Strasbourg, a récemment écrit un livre sur les pasteurs(1). Dans cet entretien, il relative la « crise » des vocations pastorales.
Quand l’interculturel transforme nos paroisses
Vivre l'Église Universelle
Quand l’interculturel transforme nos paroisses
La question de l’interculturalité traverse la vie de nombreuses paroisses de l’Église protestante unie de France. Elle touche à l’essence même de ce que nous croyons être l’Église. Je propose ci-dessous quelques éléments de cette réflexion, nourris par une enquête menée dans quatre paroisses de la région parisienne et la conviction que l’Église universelle se joue d’abord ici, dans nos assemblées locales.
L’Église universelle
Vivre l'Église Universelle
L’Église universelle
Elle était au cœur des synodes régionaux en 2025, elle sera le sujet du synode national de l’EPUdF en 2026. Mais quelle est-elle cette Église universelle ? Au loin, au proche, visible ou invisible ?