Atelier Grizou

Voilà un nom original. Proviendrait-il de ces célèbres et mortelles explosions de gaz dans les mines de charbon ? Il n’en est rien. Proviendrait-il d’une contrée lointaine où le « z » est plus utilisé que dans notre français classique ? Un peu, peut-être, mais ce n’est pas suffisant. Le nom Grizou est la contraction du prénom Grégoire (que son grand-père appelait Gricha) et du prénom Chizu (prononcer Chizou). Voilà comment nos designers ont créé le nom de leur entreprise.

 

 

 

 

Mais que font-ils exactement ? L’explication la plus facile est qu’ils sont designers. Même si ce terme ne leur convient pas. Ils sont un peu scénographes, metteurs en scène ou encore muséographes. Un soupçon militantes et un poil engagées, leurs expositions et leurs créations partent en quête de grands sujets de société. Ainsi, la tolérance est un thème qui leur tient particulièrement à cœur. Une exposition à destination des collèges et des lycées développe ce thème sous tous ses aspects : la musique qui rapproche les personnes, le sport qui gomme les luttes religieuses en Irlande et tant d’autres exemples.

 

L’atelier GRIZOU, Chizu Ono et Grégoire Dentan (© atelier Grizou)

 

 

 

À découvrir aussi, une exposition sur l’affaire Calas (au temple de l’Oratoire à Paris), qui retrace le procès du marchand protestant toulousain et sa défense, puis sa réhabilitation, grâce à l’intervention de Voltaire. Et enfin, une très belle et toute récente exposition sur les Diaconesses de Reuilly, en lien avec le livre de Karine Bouvatier et Frédérick Casadesus.

 

Tout le talent de l’atelier Grizou réside dans la mise en œuvre. Leur coup de crayon, la mise en scène, le choix des matériaux, le travail du papier qui pourrait s’approcher des origamis, tout concourt à créer un univers sans cesse renouvelé qui interpelle le visiteur. Depuis quelques années ils conçoivent le programme de l’assemblée du Désert ainsi qu’une exposition que l’on peut retrouver dans le hall du musée sur un thème particulier. Cette année et en avant-première, ce sera « 1768-2018, Marie Durand et les prisonnières de la tour de Constance ». Il y a 250 ans, les dernières prisonnières quittaient la tour.

 

Une exposition dans une boutique Muji au Japon (© atelier Grizou)

 

Du Japon…

 

Tout commence au Japon. Chizu et Grégoire travaillaient dans la muséographie. Ils ont été interpellés par ce que proposait la société Muji, qui peut se traduire par « produits de qualité sans marque ». Tous deux étaient tellement fascinés par cette entreprise qu’ils lui ont proposé de créer un musée avec les objets qu’elle produisait, mis en scène par eux. Au milieu du magasin, ils s’occupent alors de créer un espace muséal. Un thème, une exposition, un catalogue, une philosophie… En tout ils réaliseront une quarantaine d’expositions.

 

Les produits Muji sont issus d’un processus de fabrication extrêmement rationnel. L’entreprise est reconnue comme produisant des objets « économes en ressources », « peu coûteux », « simples », « anonymes » et « orientés vers la nature ». Sans donner une importance disproportionnée à une de ces différentes évaluations, Muji a pour objectif d’être à la hauteur de toutes.

 

L’exposition sur les Diaconesses de Reuilly (© atelier Grizou)

 

 

 

… aux Cévennes

 

Et voilà que l’atelier Grizou vient s’installer dans les Cévennes et plus précisément au Vigan. À l’origine de beaucoup de déplacements, il y a parfois un drame. Pour Chizu et Grégoire, c’est l’explosion de la centrale de Fukushima. Ils voulaient déjà partir, travailler sur d’autres sujets. Ce drame les a poussés un peu plus vite à venir dans les Cévennes.

 

En vivant cette expérience, ils décident de créer une exposition sur le thème du refuge. Nous avons tendance à voir le refuge ou les migrations comme uniquement un mouvement des populations pauvres vers des pays riches. La question du refuge ou de l’accueil est plus vaste. Ils se sentent réfugiés eux-mêmes et de nombreux Français ont quitté le Japon pour regagner la France à contrecœur. Il y a parfois des déplacements de population au sein d’un même pays. Le refuge est encore plus vaste. Un enfant qui s’évade par le rêve en écoutant son prof, les enfants au Japon qui s’abritent sous les tables… Voilà bien d’autres notions du refuge. Le regard qu’ils portent sur l’idée du refuge et sur les mouvements migratoires permet de relativiser l’accueil de l’autre.

 

Le choix des Cévennes est plus simple. Lors de leurs nombreux déplacements professionnels, c’est là qu’ils confient leurs enfants, c’est leur point de chute naturel. Chizu voulait aussi planter ses propres légumes, cultiver son potager, mais surtout, en installant leur entreprise et leur famille au Vigan, ils voulaient participer à la redynamisation de ce coin des Cévennes.

 

Voltaire et l’affaire Calas, à l’Oratoire du Louvre (© atelier Grizou)

 

 

 

Grégoire et Chizu

 

Une entreprise n’est rien sans les femmes et les hommes qui l’on créée et qui la font fonctionner. Chizu Ono et Grégoire Dentan sont la sagesse et la douceur incarnées. Leur histoire, leur rencontre, leurs origines racontent déjà toute leur philosophie et leur travail.

 

Chez Grégoire, protestant de naissance, un doux mélange de protestantisme, de catholicisme et d’orthodoxie russe. Chizu, comme la plupart des Japonais, a une vision neutre de la religion. S’ils s’identifient au bouddhisme ou au shintoïsme, ils pratiquent plusieurs religions. C’est ainsi que Chizu fréquentait une paroisse protestante.

 

C’est tout cet héritage que Chizu et Grégoire transportent et transmettent. L’amour, la tolérance et l’engagement.

 

 

 

 

Exposition itinérante « Les Diaconesses de Reuilly »

 

Une exposition facile à commander

 

Pour toute information concernant l’exposition et le livre :

 

Communauté des Diaconesses de Reuilly

 

Tél : 01 39 24 18 80

 

reuillycommunaute@free.fr

 

 

 

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