Ces textes bibliques qui nous dérangent

Certains textes bibliques nous rebutent, voire même nous scandalisent par leur radicalité ou leur violence, par des positions à l’opposé de notre opinion… Qu’en faire ? Doit-on les ignorer ? Comment les lire ?

Certainement, cela est arrivé à tout lecteur de la Bible. Un jour, alors qu’il l’ouvrait, comme à son habitude, un peu au hasard de sa curiosité, voilà qu’il « tombe » sur un verset qui l’interpelle. Que dis-je, qui le choque ! Car certainement, il n’y a pas d’autres mots. Certes, ses années de catéchisme lui ont appris à négocier avec l’inconcevable de certains récits bibliques et à les remettre dans le contexte d’écriture, de sorte qu’il puisse voir, par exemple, dans le geste d’Abraham qui ligote Isaac pour l’offrir en sacrifice, l’expression grandiose de sa foi. Certes, ce lecteur a appris – sans même le vouloir – que Dieu est bon et que sa miséricorde est infinie. Alors tout ce qui dérange, si tant est que ses yeux s’y arrêtent, se trouve aussitôt interprété à travers ce prisme, évitant ainsi de se confronter à la question désagréable de la présence de tels textes dans la Bible.

 

Si les textes nous parlent d’une réalité qui nous heurte, à nous de faire changer la réalité

 

(© WikiImages @pixabay)

 

 

 

Des textes indéfendables

 

Malgré ces réflexes de lecture et de sauvegarde de ce que nous espérons trouver et lire, certains passages, certains versets restent irrecevables, laissent pantois, sinon indignés. Prenons le livre des Juges, chapitre 19 : alors qu’un Israélite est accueilli par un vieil homme, les hommes du village lui demandent de faire sortir l’homme afin qu’ils le violent. Le vieil homme refuse et répond, verset 24 : « Voici, j’ai une fille vierge, et cet homme a une concubine ; je vous les amènerai dehors ; vous les déshonorerez, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Mais ne commettez pas sur cet homme une action aussi infâme. » Il est infâme de faire subir un viol à un homme, mais non pour une femme ou une toute jeune fille ? Difficile d’accepter qu’il y ait ce genre de textes, non ? Difficile de les expliquer et de leur donner du sens.

 

 

Oser parler de l’humain

 

Pourtant, heureusement qu’ils sont présents ! Car la Bible n’est pas d’abord un livre qui nous parle de Dieu, mais une collection de textes qui, à travers le temps, nous parlent de l’humain, de ses travers, de ses caprices, de ses égoïsmes, mais aussi de sa beauté, de son élan, et de son espérance. Miroir d’humanité, les textes de la Bible nous renvoient avec violence à nos propres réactions, nos propres capacités de repli. Et, à nous qui justifions nos comportements sur des traditions, sur des habitudes, sur une quelconque interprétation de la volonté de Dieu, elle nous interpelle par cette question essentielle : « As-tu aimé ? ».

 

Les textes qui nous dérangent dans la Bible racontent une réalité. Si elle nous heurte, à nous d’agir et de nous lever pour qu’elle change.

 

 

 

 

 

 

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