La Bible, pour beaucoup, n’est plus qu’un « patrimoine culturel » mondial ! Paradoxalement, il y a là, peut-être, une des réponses pouvant expliquer le peu d’intérêt des français, d’une part, mais des protestants surtout, pour la lecture de la Bible. Un patrimoine, cela s’astique, se nettoie, se dépoussière, se brique : mais cela ne se lit pas. Mais ce n’est sans doute pas la seule raison. Je dois avouer, en tant que pasteur, que je m’en sens un peu responsable aussi. Au début de mon ministère, dans les études bibliques, je me suis évertué à faire état des « acquis » de la recherche historico-critique (cf p. 19). En agissant de la sorte, je m’aperçois que, implicitement, j’ai bien souvent véhiculé le message selon lequel la lecture de la Bible serait une chose compliquée : ce serait une affaire de spécialistes ! Mais tel n’est pas le cas. La compréhension de la Bible n’est pas d’abord histoire de connaissances mais de foi. Les Réformateurs, tant Luther que Calvin, l’avaient bien compris. Il nous faut aujourd’hui relever le défi de la lecture de la Bible. Notre Église a entamé une telle démarche. Elle lance pour les cinq ans à venir un vaste projet d’animations pour dynamiser la lecture de la Bible. Prions pour que ce programme, Lire la Bible, permette de contrecarrer tout ce qui décourage aujourd’hui cette lecture : les incohérences du texte, les passages scandaleux et obscurs, les multiples et contradictoires traductions, les notes abondantes et foisonnantes…Bonne lecture à tous, du dossier mais surtout…surtout…de la Bible.
