Ce que propose le Maroc

Le Conseil régional du culte musulman et l’Union des mosquées de France ont organisé un voyage interreligieux au Maroc. Accueillis somptueusement et sous protection policière très présente, les invités ont découvert comment le Maroc répond au terrorisme.  
Les femmes de la délégation
inter religieuse française 
au Maroc
©Georges Fauché

Deux responsables de la communauté israélite à Carpentras, un prêtre, le grand muphti de Marseille et ses deux assistants, le président du Conseil régional du culte musulman et sa conseillère juridique, Sibylle Klumpp, présidente du conseil régional PACCA, et moi-même composions la délégation française interreligieuse invitée au Maroc au mois de mars.

 

Le terrorisme pris en compte
Voici ce que le Royaume du Maroc voulait nous montrer : « Ce n’est pas avec du blabla que l’on lutte contre le terrorisme ». Constatant que l’intégrisme, le fanatisme et l’ignorance du Coran faisaient le lit du terrorisme, ce pays s’est engagé dans une guerre culturelle et religieuse contre tout ce qui peut nourrir une mauvaise compréhension de l’Islam. Toutes nos rencontres, jusqu’au ministre des Affaires islamiques, ont martelé un refrain porté par une forte conviction : il faut lutter pour garder les fondamentaux de l’Islam, c’est-à-dire les cinq piliers, mais pour le reste, il faut savoir composer et s’adapter aux différentes cultures des pays d’accueil. Le besoin d’un minaret par exemple, n’est pas un des fondamentaux de l’Islam… Le message est clair, vigoureux et, semble-t-il, convaincant.

 

Une ouverture réelle
C’est dans ce cadre que nous avons pu visiter l’institut de formation des imams à Rabat. Et, signe visible d’une religion qui veut s’ouvrir, il y avait des femmes dans les classes des futurs imams. Certes, « elles ne seront pas imams, mais prédicatrices », mais c’est ainsi qu’une religion se trouve des solutions pour s’ouvrir au ministère féminin, et s’ouvrir tout simplement.
La visite du musée du judaïsme marocain à Casablanca, de plusieurs églises et synagogues, atteste d’une présence – certes sous contrôle – du judaïsme et du christianisme. Nos amis juifs, membres de la délégation, approuvaient régulièrement, en connaissance de cause, ce témoignage d’une coexistence pacifique du judaïsme et de l’islam au Maroc.

 

Même entre chrétiens !
Nous avons finalement eu la grande chance de pouvoir susciter une visite imprévue au voyage : l’institut œcuménique Al Mowafaqa, qui forme prêtres et pasteurs au Maroc. Il a fallu le constat de la grande fragilité de la minorité chrétienne au Maroc pour que protestants et catholiques se mettent ensemble pour former les ministères de leurs deux Églises. Quel témoignage !
Il y aurait bien plus à dire, mais je me propose de retenir l’engagement ferme d’un pays contre l’intégrisme et le fanatisme. Tout un programme, tout un défi qui nous concerne tous, chacun à notre niveau.

 

Georges FAUCHÉ,

 

pasteur à Vitrolles-Marseille Nord

 

 

 

 

 

 

 

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