Charles Gide, penseur de l’économie sociale

À la fin du XIXe siècle, lorsque commencent à s’affronter le capitalisme libéral et le socialisme marxiste révolutionnaire, Charles Gide et tout le mouvement solidariste naissant affirment que, hors de la solidarité, vécue par les personnes comme par les sociétés, l’avenir du monde ne sera que souffrance et guerres.
Charles Gide (1847-1932) © Wikimedia commons
Charles Gide (1847-1932) © Wikimedia commons

Autour de Gide, un petit groupe d’hommes appartenant à tous les milieux sociaux cherche des réponses concrètes aux tensions économiques et sociales existantes. Ils donneront naissance à l’École de Nîmes, école d’économie sociale qui étudie dès lors la solidarité comme un ensemble de faits scientifiquement observables, et non comme une utopie idéologique ou dans une phraséologie révolutionnaire très en vogue à l’époque.

 

Homme de conviction profonde, Charles Gide attache son nom et son œuvre à une idée : celle de la coopération. Il défend l’idée d’une coopération émancipatrice, structure d’apprentissage de la démocratie et de l’efficacité économique, porteuse de l’intérêt général, permettant d’abolir le régime du profit, sans tomber dans l’étatisme. Sa doctrine est rapidement critiquée par les libéraux, qui y voient une dangereuse dérive socialiste, tandis que les socialistes la jugent trop « bourgeoise » !

 

 

 

Pour aller plus loin :
Charles Gide. Éthique protestante et solidarité économique, Frédéric Rognon, Olivétan, 2016, 166 p., 14 €.

 

 

 

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