Le pasteur Daniel Bourguet © Les Veilleurs
Un homme des Cévennes, fidèle à sa terre
Né à Aumessas, dans le Gard cévenol, Daniel Bourguet n’a jamais vraiment quitté ces paysages de vallées, de pierres et de solitude. Cette fidélité géographique dit beaucoup de son chemin intérieur : une foi vécue dans la durée, à l’écart du bruit, au plus près de l’essentiel.
Pasteur de l’Église réformée, il avait choisi une voie singulière, marquée par la simplicité et une certaine forme de retrait. Une manière d’habiter pleinement la tradition protestante cévenole, faite de résistance, de discrétion et d’intériorité.
Un parcours pastoral au service de l’Église
Formé à la théologie protestante, Daniel Bourguet s’engage très tôt dans le ministère pastoral.
Il a été en postes à Tournon du 01/10/1972 au 31/07/1973, puis à Tence du 01/09/1974 au 30/06/1979, puis au Chambon-sur-Lignon du 01/07/1979 au 30/06/1981.
Il est en « congé pour convenances personnelles » du 01/07/1981 à 31/08/1985, et soutient sa thèse de doctorat en 1985.
Il est pasteur en Centre-Hérault du 01/09/1985 au 30/06/1988, puis enseignant en Ancien Testament à l’Institut protestant de théologie du 01/07/1988 au 30/06/1994, avant de retrouver le ministère en paroisse à Mont-de-Marsan du 01/07/1994 au 30/09/1995.
Enfin il sera à nouveau en « congé pour convenances personnelles » du 01/10/1995 au 30/06/2005 puis avec le statut d’Envoyé auprès de la Fraternité des Veilleurs, aux Abeillères du 01/07/2005 au 30/06/2012, Fraternité dont il fut le prieur de 1991 à 2012.
Il prend officiellement sa retraite le 01/07/2012 tout en restant aux Abeillères jusqu’en 2020, avant de se retirer définitivement dans la vie érémitique près d’Anduze.
Le choix du silence et de la présence
Au fil des années, Daniel Bourguet s’était installé aux Abeillères, mas isolé des Cévennes, où il menait une vie proche de l’érémitisme. Ce lieu, loin d’être fermé, était devenu un espace d’accueil pour celles et ceux en quête de sens. On y venait pour faire halte, se taire, prier. Lui recevait avec attention, proposant une présence plus qu’un discours. Car sa spiritualité reposait sur une conviction simple : c’est dans le silence que peut se dire l’essentiel.
Cette évolution n’était pas une rupture avec son ministère, mais son prolongement autrement : une manière de continuer à accompagner, dans une forme plus dépouillée, plus intérieure.
Une parole nourrie des Écritures
Auteur de nombreux ouvrages, Daniel Bourguet développait une lecture méditative de la Bible, attentive à l’expérience intérieure. Ses écrits invitaient moins à comprendre qu’à habiter les textes, à les laisser résonner dans la vie quotidienne.
Pour lui, la foi n’était pas d’abord affaire de certitudes, mais de cheminement : une écoute, patiente et humble, de la présence de Dieu.
Un héritage de veille et d’intériorité
Avec Daniel Bourguet disparaît une voix singulière, profondément liée à l’âme cévenole. Mais son œuvre demeure, à travers ses livres, ses enseignements et les lieux qu’il a habités.
Il laisse derrière lui un héritage spirituel précieux : celui d’une foi vécue dans le silence, la vigilance intérieure et la fidélité au quotidien.
Dans un monde souvent pressé, son parcours rappelle une autre voie, plus discrète mais essentielle : celle de la présence, de l’écoute et d’une vie tournée vers l’invisible.
