La Confession d’Augsbourg reste l’un des écrits les plus décisifs. Car elle représente bien davantage qu’un repère hérité du seizième siècle. Elle offre une formulation dense de la foi chrétienne telle qu’elle se reçoit de l’Évangile. Sa force tient à cette sobriété lumineuse qui ramène au cœur : Jésus-Christ, la grâce de Dieu, la justification par la foi, la centralité de la Parole, la valeur des sacrements, la vocation de l’Église au sein de l’histoire humaine. À travers elle, la Réforme luthérienne a voulu faire entendre qu’elle cherchait moins l’originalité que la vérité de l’Évangile, moins l’invention d’une nouveauté que la redécouverte d’un trésor.
Dans l’Inspection luthérienne de Paris, le mémorial de la Confession d’Augsbourg figure de longue date dans le calendrier liturgique, à travers les péricopes annuelles. Cette présence marque déjà une fidélité. Pourtant, cette commémoration a rarement trouvé une traduction concrète sous la forme d’un culte régional. Elle demeurait présente dans les repères communs de notre vie liturgique, tout en restant peu déployée dans l’expérience partagée de nos communautés.
Cette année donne à ce rendez-vous une résonance particulière. Nous célébrons le 400ème anniversaire du premier culte luthérien à Paris. Quatre siècles de prédication, de chants, de baptêmes, de sainte cène, de fidélités discrètes, de recommencements, de présences servantes au cœur de la ville. Quatre siècles au cours desquels l’Évangile a continué de retentir, porté par des voix, des assemblées, des ministres de l’Église, des fidèles, des musiciens, des témoins dont la trace demeure inscrite dans notre histoire commune. Alors, célébrer le mémorial du 25 juin prend un sens tout particulier.
C’est dans cet esprit qu’il nous a semblé bon d’organiser ce culte. Honorer la Confession d’Augsbourg pendant cette période de célébration du 400ème, c’est faire apparaître le lien entre un acte fondateur de la Réforme et l’enracinement patient du luthéranisme dans la capitale. C’est aussi offrir à notre Inspection et aux protestants de la Région parisienne un temps de rassemblement autour de ce qui les constitue au plus profond.
Le concert qui précédera la célébration prolongera cette intention. Le luthéranisme a toujours accordé à la musique une place éminente dans l’expression de la foi. Chez lui, comme chez d’autres traditions d’Église aussi d’ailleurs, l’art sonore participe à la joie partagée de l’Évangile. Entendre des œuvres composées par des musiciens luthériens, c’est entrer également dans une mémoire vivante. C’est recevoir, par une autre voie, quelque chose de la gravité heureuse qui traverse la spiritualité. La théologie s’y fait respiration. L’histoire y devient sensible. La foi y trouve un timbre.
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Jeudi 25 juin 2026
en l’église luthérienne Saint-Marcel
24 rue Pierre Nicole, Paris 5ème
19 h : Vêpres avec sainte-cène
20 h 30 : concert spirituel – œuvres de compositeurs luthériens
