Ésaïe 43.1 : « Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. »
Jean 1.12 : « À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. »
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Il y a des moments dans la vie où quelque chose commence dans le silence et transforme tout, et la naissance d’un enfant en fait partie. Et souvent, ce qui change le plus, c’est ce qui se transforme chez celles et ceux qui accueillent.
Vous l’avez dit avec des mots simples et très vrais, Gauthier et Julia : Vous parlez d’un amour qui s’élargit, de quelque chose de plus grand que vous…
Avec Gabriel, quelque chose se déplace en vous, vers plus d’attention, vers plus de vulnérabilité aussi, mais surtout… vers plus d’amour. Et cela nous rejoint toutes et tous.
Parce qu’en 2026, dans un monde rapide, saturé, parfois inquiet, une question demeure, plus essentielle que jamais : Qu’est-ce qui compte vraiment ? Qu’est-ce qui me fait tenir quand tout vacille ?
Dans le Nouveau Testament, un mot désigne cet amour-là, un mot grec : agapè.
C’est un amour qui se donne, qui se déploie, qui ne dépend pas de nos performances ou de notre réussite … Mais qui existe pour l’autre, simplement parce qu’il est là, et ce mot se découvre dans la vie.
Cet amour on le découvre dans la vie réelle : Dans un regard, dans un geste, une attention, dans une fatigue acceptée, dans un rapport aux autres et au monde soutenu par cet amour de Dieu qu’il nous donne, dans une présence qui ne fuit pas, par cet agape qui ne s’arrête pas à la mort, un amour plus grand que tout et qui continuera toujours à vivre et à exister.
Nous n’avons pas besoin d’être parents pour le connaître, évidemment, mais une naissance nous le rappelle de force : vivre, c’est apprendre à aimer.
Et parfois vivre, c’est tenir dans l’épreuve, où l’on choisit de tenir, de continuer, d’aimer quand même.
Comme l’écrit la théologienne Marion Muller-Colard : « Nous croyons en un Dieu qui traverse avec nous. »
Alors oui, Dieu est un mot où l’on pourrait l’investir de mille pensées différentes, dans le Dieu biblique que nous rencontrons, c’est un Dieu qui vient habiter la vie, notre vie, ce n’est pas un Dieu lointain, mais c’est un Dieu qui marche avec nous et qui se tient au cœur de ce qui est vécu, dans la joie, et dans ce qui pèse.
Alors, la parole du prophète Esaïe prend une force particulière : « Je t’ai appelé par ton nom. »
Dans un monde où l’on est souvent réduit à un numéro, à un profil, une image … Cette parole nous dit que notre vie est reconnue, qu’elle est unique et qu’elle a de la valeur, que personne et rien d’autre ne peut nous remplacer.
Et la parole continue : « Si tu traverses les eaux, je serai avec toi. »
La vie comporte des traversées, et dans ces traversées, il y a une présence qui accompagne.
Dans le Nouveau Testament, cette promesse s’élargit encore : « Vous pouvez devenir enfants de Dieu. »
Être enfant, symboliquement, c’est être accueilli, aimé avant même de prouver quoi que ce soit, et cela prend un sens particulier aujourd’hui, avec le baptême de Gabriel, cela devient concret.
Le mot baptême vient du grec : baptisma. Il signifie : plonger. Alors aujourd’hui, une chose est dite pour Gabriel et pour chacun de nous.
Être baptisé, c’est être plongé dans un amour plus grand que soi. Un amour qui précède, qui accompagne et qui ne disparaît jamais. Alors aujourd’hui, ce geste dit quelque chose pour Gabriel et pour vous, pour nous : avant même de faire ses choix, il est déjà aimé.
Et peut-être que la foi commence là, comme l’écrit le philosophe Paul Ricoeur : « La foi, c’est une manière d’habiter le monde dans la confiance. »
Le mot grec pistis dit confiance.
La foi entendue comme confiance, comme une relation vivante, comme un appui intérieur, un socle sur lequel s’appuyer. On ne peut pas tout comprendre, mais on peut avancer, pas à pas, en s’appuyant sur quelque chose de plus grand que soi.
Aujourd’hui, un chemin est transmis, un chemin où l’on apprend à aimer, à faire confiance, à se relever lorsqu’on trébuche et à continuer.
Et sur ce chemin, une parole demeure : « Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. »
Dans un monde qui va vite, où tout peut devenir anonyme et fragile, un autre appel se fait entendre : ralentir, prêter attention, habiter sa vie.
Comme l’écrivait Simone Weil : « L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. »
Aujourd’hui, à travers vous, à travers votre amour, à travers cette présence rassemblée, Gabriel est entouré de cette attention.
Et c’est cela que nous célébrons : une vie, un amour, une promesse.
Une promesse fragile peut-être… mais plus solide que tout : rien ne pourra le séparer de cet amour ; rien ne pourra vous en séparer non plus.
Alors allons, vivons, devenons.
Amen.
