Je suivais mon chemin…
Petit, je visitais des églises avec ma mère… elle me montrait les vitraux… elle m’expliquait le fonctionnement d’une messe… l’eau bénite
Petit, j’allais à la synagogue avec mon père pour le Kippour… uniquement ce jour-là.
Je n’ai reçu aucune éducation religieuse. Mes parents ne pratiquaient pas.
Je suivais mon chemin… Une mère chrétienne, un père juif… et finalement… si c’était le même chemin ? Un jour j’ai accompagné Chantal, ma femme, au temple de la Sarra… où nous sommes rassemblés en ce jour. Et là, étrangement, immédiatement, je me suis senti bien, respecté, considéré. Pourquoi ? Je ne sais pas. Une sensation de douceur… de chaleur… de paix… de liberté… Était-ce le signe du Seigneur qui m’accueillait ? Était-ce moi qui avais besoin à ce moment-là d’un lieu comme celui-ci ? Il en est ainsi. Je suis présent dans ce temple protestant… et je me sens protestant… et je suis protestant !
Certes, Françoise, notre chère pasteure, m’a mis à l’aise… m’assurant que les doutes étaient permis, voire nécessaires ! C’était très important d’entendre ces mots. Oui, car j’ai plein de doutes…
Du coup sur mon chemin, j’ai décidé de prendre un parcours de traverse qui mène à Dieu… oui je continue mon chemin… je retrouve ma mère… mon père… mes sœurs… mon frère… mes enfants… ma femme et sa famille… mes amis. Je poursuis mon chemin en ne reniant pas ma judaïté… le Seigneur guide mes pas. Il va me guider… je crois en lui.
Merci à tous de votre accueil. Alors amen, je vous le dis : alléluia shalom !
Maurice

Je crois… et j’atteste !
Je crois en Dieu unique et universel, créateur de la terre et du grand tout. Je crois en Jésus, comme étant l’incarnation de Dieu, seigneur et messager de l’amour inconditionnel que Dieu nous porte. Je crois en son modèle d’amour universel, pour tout être vivant sur cette terre, cette terre source d’inspiration de la création divine. Je me nourris de l’enseignement et de la
dévotion que Jésus nous a offerts de son vivant, mais aussi dans sa résurrection. Je crois en l’esprit saint comme étant la manifestation dans nos cœurs et dans nos vies de la présence de Dieu. J’atteste faire partie de cette assemblée chrétienne de frères et sœurs en l’Église protestante unie. Je garde foi en un monde de plus en plus éveillé vers la lumière et inspiré par cet amour inconditionnel.
Florence
Le Seigneur m’a rappelée à moi-même
Tout d’abord j’ai à cœur de vous remercier toutes et tous, amis, famille, paroissiennes et paroissiens, de m’accompagner dans ce jour si cher à mon cœur. En 2007, j’avais un rêve : être présidente de la classe de CE2, malgré mon impopularité de l’époque. Au détour d’une soirée pyjama, mon amie, à qui je raconte ce souhait, me dit « ma grand-mère dit que si on veut quelque chose, il faut chanter des chansons à Jésus ». Moi, je ne savais pas comment faire alors j’en ai inventé plein. Ce soir-là, j’ai senti pour la première fois la présence du Christ à mes côtés. Je m’en rappelle comme si c’était hier : la pièce était comme remplie de la douce chaleur de Dieu.
Le lendemain, je suis élue présidente de la classe. Pour moi, ça relevait clairement du miracle, c’est sûr : Dieu existe. Je demande une bible, on m’en offre une illustrée pour les enfants que je lis à moitié, parce que j’ai peur des passages du premier testament. Je demande le baptême, qu’on me refuse en me disant que je pourrai faire ce choix quand je serai grande.
Aujourd’hui, je suis grande. Enfin, je le crois. Et ce choix, je le fais. Je n’ai pas reçu d’éducation religieuse, j’ai perdu ma bible au fond d’un tiroir, je n’ai plus prié le Christ, et pourtant ma foi ne m’a jamais quittée. J’ai cherché Dieu dans tout et n’importe quoi. Je me suis perdue, je me suis noyée. Il y a dans cette salle des personnes qui m’ont vue endeuillée, affaiblie, trempée de détresse, apeurée, éteinte. Comme étrangère à moi-même. Petit à petit, doucement, je me suis reconstruite, j’ai rencontré Tony, je me suis comprise, je suis venue ici et c’est par ce doux enchaînement d’évènements que le Seigneur est venu à moi. J’aime penser qu’Il a attendu le bon moment.
Tout n’est pas toujours facile, mais depuis cette après-midi de juillet, je suis heureuse, pleinement. Plus rien ne me manque. Ce jour-là, j’ai entendu la voix de Dieu comme gravée dans mon cœur, un appel si clair qui me demandait à le suivre, et à le servir. Ceux qui me connaissent me savent de nature indécise et bien, je n’ai jamais été si certaine de quoi que ce soit dans
ma vie. Comment ignorer cette voix puissante ? Cet appel que j’ai toujours senti en moi ? Ce vide dans mon cœur qui n’attendait que d’être comblé par le Christ ?
Le Seigneur m’a rappelée à moi-même. Certaines personnes voient le baptême comme une nouvelle naissance. Moi, je le vois comme une renaissance. Dieu me permet d’être moi. Avec Lui, avec vous. Il m’a accueilli dans ses bras, comme vous m’accueillez dans l’Église, et cela me rend infiniment heureuse.
Toute ma vie je me suis sentie en décalage, à part. Pas assez normale pour être acceptée, pas assez bizarre pour être malmenée, dans une zone grise qu’on appellera plus tard autisme. Le jour où j’ai mis les pieds ici, j’ai su que ça n’aurait plus aucune importance. Ici à la Sarra, mais aussi à la Mission Jeepp, je me sens à ma place, pour la toute première fois de ma vie.
Alors merci à vous, merci à mes proches pour leur soutien, et merci bien sûr au Seigneur pour son amour et sa grâce.
Fanny
