En France, aujourd’hui, 1,5 million de personnes se disent protestantes de conviction (soit 3 % de la population métropolitaine). Qautre cent mille d’entre eux font appel aux services de l’EPUdF, l’Église protestante unie de France. La France compte d’autres dénominations protestantes, notamment évangéliques ou pentecôtistes. L’EPUdF est la principale Église membre de la Fédération protestante de France.
L’union des luthériens et réformés de France
Créée en 2012, l’Église protestante unie de France est l’Union de l’Église réformée de France et de l’Église évangélique luthérienne de France. Ces deux Églises sont nées au XVIe siècle dans le mouvement de la Réforme.
L’unité dans la diversité et le pluralisme
L’Église protestante unie de France a été construite via un processus de cinq années. Elle était déjà partiellement vécue, en particulier au travers de la formation commune des pasteurs (depuis 1969) et de la possibilité d’exercer le ministère pastoral dans l’une ou l’autre Église. L’Église protestante unie prend en compte le plus largement possible la diversité (théologique, ecclésiale, liturgique) existant dans les deux Églises, avec la volonté de s’en enrichir et, sur cette diversité, de proposer à la société un témoignage commun.
Synode 2026
© Lucien Abah
Une Église sœur en Alsace-Lorraine
L’EPUdF et l’Uepal, Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, sont des Églises sœurs. L’Uepal regroupe, elle aussi, les deux Églises réformée et luthérienne d’Alsace et de Lorraine. Elle est également membre de la Fédération protestante de France (FPF).
L’Uepal, implantée dans l’est de la France, est soumise à un statut religieux particulier. En effet, annexés par l’Allemagne en 1870, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle n’ont pas été concernés par la loi française de séparation de l’Église et de l’État votée en 1905. En 1918, lors de leur rattachement à la France, ils ont conservé le système « concordataire » qui était le leur avant l’annexion. Dans ces trois départements, les pasteurs luthériens et réformés (comme les prêtres et les rabbins) sont rémunérés par l’État et la culture religieuse est enseignée dans les écoles alors que l’EPUdF ne vit que des dons de ses membres.
Un service missionnaire partagé
Le Defap, service protestant de mission, est le service missionnaire de l’Uepal et de l’EPUdF. Il accompagne et coordonne leurs actions : partage de la Bonne Nouvelle, relations entre Églises, solidarité internationale, projets de développement. Membre de la Cevaa (Communauté d’Églises en mission), le Defap participe à un réseau de 36 Églises dans le monde, tout en développant ses propres partenariats.
Quatre convictions essentielles
– Nous vivons d’une confiance reçue et partagée.
– Nous avons besoin les uns des autres.
– La lecture de la Bible nous met débout.
– La vie bonne est une vie sobre.
Ces convictions actualisent les « sola » protestants : sola gratia (la grâce seule), sola fide (la foi seule), sola scriptura, (l’Écriture seule).
L’EPUdF s’appuie aussi sur le « sacerdoce universel »
La formule « le sacerdoce universel des croyants » insiste sur l’égalité et la responsabilité commune entre pasteurs et laïcs dans l’Église. Les institutions veillent à respecter cette parité, ainsi que la parité entre hommes et femmes dans les assemblées.
Une Église de témoins
L’Église protestante unie s’inscrit dans une dynamique intitulée « Une Église de témoins », en vue d’un meilleur témoignage rendu à l’Évangile sein de la société française.
Des relations interecclésiales et internationales développées
L’EPUdF se comprend comme un des visages de l’Église universelle. Intégrée dans un important faisceau de relations interecclésiales, elle participe à la réflexion théologique, aux projets communs, aux jumelages.
L’EPUdF est membre de neuf organisations internationales, deux sont œcuméniques, d’autres confessionnelles. Ces organisations ont des objectifs variés : dialogues œcuméniques, mission, actions communes, échanges de bonnes pratiques.
Citons :
– le Conseil œcuménique des Églises (COE) est une communauté de 352 Églises de plus de 120 pays représentant plus de 580 millions de chrétiens dans le monde ;
– la Conférence des Églises européennes (CEC-KEK) est une alliance de 115 Églises européennes issues des traditions orthodoxe, protestante et anglicane. Signataire de la Charte œcuménique (avec le conseil des conférences épiscopales d’Europe) ;
– la Communion d’Églises protestantes en Europe (Ceepe) ;
– la Fédération luthérienne mondiale (FLM).
Une gouvernance à caractère démocratique
L’Église protestante unie de France est structurée en assemblées et en conseils, élus, à l’échelle locale, régionale et nationale. Ils cherchent à faire vivre l’autorité seule du Christ et organisent les services (ministères) exercés par les uns et les autres.
De l’Église locale
L’Église locale, ou paroisse, est le socle de l’Église, comme premier lieu d’annonce de la Parole, de rassemblement, de témoignage, d’écoute et de service. Elle tient une assemblée générale annuelle qui élit pour quatre ans un conseil presbytéral, responsable de la vie cultuelle, de la gestion administrative et financière de la paroisse.
Le synode régional rassemble chaque année en novembre pasteurs et délégués laïcs élus des Églises locales de la région. Il élit pour quatre ans un conseil régional qui gère la vie régionale de l’Église.
Au conseil national
Le synode national annuel rassemble les délégations des neuf régions de l’Église. Le conseil national compte vingt membres, hommes et femmes, ministres et membres de l’Église, luthériens et réformés, tous bénévoles (à l’exception de son président). Les membres actuels ont été élus au synode national de Sète en mai 2025 pour un mandat de quatre ans. Le président du conseil national est Christian Baccuet.
Pour en savoir plus : www.epudf.org
Quelques chiffres
9 régions
400 pasteurs dont un tiers de femmes
410 paroisses
1 000 lieux de culte
10 000 animateurs et responsables
250 000 participants actifs à la vie de l’Église
2 facultés de théologie (Paris et Montpellier) pour former théologiens et pasteurs
