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Brigitte Debernardy
Comment envisagez-vous votre rôle à la tête de la CRR ?
Grâce à mon prédécesseur, Antoine Garapon, qui l’a mise sur pied, constitué l’équipe des commissaires et assuré ses premières années de fonctionnement, j’ai la grande chance de trouver une CRR en parfait état de marche, dotée d’un remarquable esprit d’équipe et de beaucoup de chaleur humaine.
Ma première intention est d’assurer une continuité. Le dispositif fonctionne et il fonctionne bien. Il est donc essentiel d’en conserver le dynamisme, les principes et les méthodes pour continuer à apporter aux personnes qui saisissent la CRR une réponse respectueuse de leur histoire et qui exprime notre solidarité humaine.
Mettre les victimes au cœur de nos préoccupations, au centre de notre démarche est le principe fondateur de la CRR. J’y adhère totalement.
Je n’oublie pas que j’ai un devoir vis-à-vis des instituts partenaires qui font confiance à la CRR, dont l’Église protestante unie de France. Un devoir de loyauté et de compétence. Avec toute la CRR, nous leur devons un traitement des situations de la plus grande qualité professionnelle possible.
J’envisage d’être une présidente à l’écoute des victimes ainsi que des instituts et des institutions qui se tournent ou se tourneront vers nous, tout en veillant à ce que la CRR ait bien la capacité de remplir ses fonctions de tiers de justice de la manière la plus exigeante et la plus humaine possible.
De votre parcours professionnel et de votre expérience personnelle, qu’aimeriez-vous mettre au service de la commission ?
J’ai servi comme militaire pendant une quarantaine d’années au ministère des Armées. J’y ai appris le sens de la mission, la rigueur, la valeur de l’être humain, le réconfort qu’apporte la solidarité des camarades et la nécessité d’être au clair avec soi-même pour mener les combats auxquels on croit.
J’y ai aussi acquis l’expérience de l’interdépendance, quels que soient les grades ou les spécialités. Ce que je compte mettre au service de la CRR, c’est donc le savoir-faire qui résulte de mon expérience professionnelle et ma conviction que la CRR est un très bel engagement civique.
Pouvez-vous revenir sur les principales étapes de votre parcours avant votre nomination ?
J’ai d’abord servi dans l’armée de l’air, comme commissaire de l’air. Ensuite, devenue membre du Contrôle général des armées, j’ai mené les missions de contrôle qui m’étaient confiées dans les domaines les plus divers. Je me suis également occupée du dialogue social des militaires et j’ai dirigé l’inspection du travail dans les armées.
L’une des missions les plus marquantes que j’ai faites, sur le plan humain, a été celle qui concernait les viols et les agressions sexuelles perpétrés au sein de l’ensemble du ministère, que le ministre de l’époque, Jean-Yves Le Drian, nous avait confiée. J’ai été désignée, après, pour mettre en place et diriger la cellule de prévention, d’accueil et d’accompagnement des victimes que nous avions préconisée, la cellule Thémis.
C’est en rencontrant et en parlant avec des personnes victimes d’agression sexuelle et de viol que j’ai compris toute la spécificité de ce type de violence et quels ravages intérieurs irréparables il produisait.
Une fois à la retraite, après la formation requise, je suis devenue bénévole d’accompagnement de personnes en fin de vie en unité de soins palliatifs puis en Ehpad. Depuis deux ans, je préside la commission d’étude que Fondacio a mandatée pour faire la lumière sur son histoire et les abus qui ont été commis. Notre rapport doit être incessamment remis.
