À la Fondation de la maison du Diaconat, sur le site Saint-Jean à Sentheim, l’aumônerie protestante s’est saisie de cette interpellation pour planter un tulipier de Virginie. À première vue, planter un arbre ne semble pas relever de la mission d’une aumônerie hospitalière. Mais en proposant cette initiative, l’aumônerie a souhaité donner une résonance autre à la devise de la Fondation, « Considérer avant tout le mieux-être de la personne », pour mettre en valeur une autre dimension du prendre soin, en écho aux travaux de la philosophe et psychologue Carol Gilligan, pour qui « le care » (prendre soin), concerne aussi ce qui rend la vie possible. Dans ce prolongement, les enjeux écologiques viennent interroger notre attention à l’égard du vivant.
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Le chœur des soignants
La vie qui nous entoure
Dans les établissements de santé, cette attention s’exprime également à travers le soin apporté aux espaces : design, art, aménagement. L’environnement participe pleinement à la qualité du soin. Le parc remarquable de Saint-Jean, dans la vallée de Masevaux, sans relever d’une démarche de design, constitue néanmoins un lieu essentiel du mieux-être des personnes.
Si l’aumônerie est sensible à ces questions, c’est aussi parce qu’elle ne se pense pas uniquement comme un service de présence au chevet des patients, mais comme une attention à autrui et au vivant qui nous entoure. Accompagner la vie, c’est alors reconnaître, comme l’écrivait Albert Schweitzer : « Je suis vie qui veut vivre au milieu de la vie qui veut vivre. »
Dans les établissements de santé, cette vie qui veut vivre se donne à voir chaque jour dans le courage des patients et le soin des soignants. À Saint-Jean, nous la voyons aussi dans le spectacle quotidien de la nature au fil des saisons : le ballet des cigognes, le renouvellement de la végétation, les transformations du paysage. Cette beauté devient souvent une source de réconfort et de gratitude lorsque le cœur humain est éprouvé. C’est aussi pour cela que ce parc constitue un lieu de ressourcement pour les patients, les familles et les soignants.
De plus, dans cet établissement, la culture de la plantation est déjà présente. Lors de la Covid, un cèdre du Liban y a été planté en mémoire vivante des personnes décédées. Une paysagiste s’applique à prendre soin du parc et à planter des arbres ou des arbustes. La coupe récente d’un arbre malade a donné un sens particulier à cette nouvelle plantation. Par ailleurs, au sein de l’établissement, les salariés s’inscrivent également dans une dynamique écologique locale, avec des initiatives comme le recyclage ou le défi vélo.
Enfin, de mars à mai 2026 se sont tenus en France les États généraux de la bioéthique, dont l’un des thèmes principaux portait sur « santé et environnement », c’est-à-dire sur les problèmes provoqués par la modification de l’environnement dans toutes les sphères du vivant.
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Les fanions réalisés par les patients
Une démarche qui nous engage toutes et tous
La plantation a été soutenue par la direction du site, mais aussi par la direction générale de la Fondation. L’inauguration, aventure collective réunissant soignants, patients, animatrice, paysagiste, bénévoles, salariés et membres de l’aumônerie, a eu lieu le 21 mai dans le parc, entre musique, chorale des soignants, allocutions et vin d’honneur. Les patients avaient réalisé de petits fanions rappelant la place du vivant, sa richesse et sa beauté incommensurable.
Avec ce geste, l’aumônerie a voulu redire l’importance du prendre soin de nos lieux de soin, mais aussi s’engager plus largement dans le respect de la vie, et redire avec Schweitzer « que toute civilisation véritable commence lorsque l’être humain cesse de se croire seul au centre du monde et reconnaît qu’il appartient lui aussi au grand tissu du vivant ».
