Les livrets « Vivre et Aimer » étant épuisés et non réédités s’est posée la question de leur remplacement et de l’adaptation des textes proposés aux nouvelles formes de conjugalité : remariage après divorce, couples de même sexe.
Personnellement, j’avais été très déçue par la plaquette « Célébrer le baptême » éditée au début des années 2000. Malgré de jolies couleurs et une belle mise en pages, j’avais le sentiment d’être devant un recroquevillement liturgique et un appauvrissement dans le choix des textes proposés.
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Prendre en compte de nouvelles demandes
Aussi, quand le Service de la pastorale familiale et conjugale a commencé à interroger les pasteurs sur leur usage du livret et leurs besoins pour accompagner des couples dans la préparation de leur mariage, j’ai décidé de participer au travail de relecture et réécriture de la liturgie de bénédiction nuptiale. Deux équipes ont travaillé en parallèle : une a repris, réécrit et complété les textes généraux de la première partie, sur le couple (toi, moi, nous), le mariage, la bénédiction et imaginé des outils pour une accompagnement pastoral ne se limitant pas à la seule préparation du culte. L’autre équipe, dont j’ai fait partie, a retravaillé les textes de la liturgie. Avec plusieurs collègues, nous nous sommes retrouvés à peu près tous les mois durant plusieurs années, un peu en présentiel et beaucoup en vidéoconférence. Les situations des couples venant demander une bénédiction étant de plus en plus diverses, nous étions persuadés qu’il fallait offrir un vaste choix de textes pour chaque partie de la liturgie, partant du principe que « qui peut le plus peut le moins ». En plus du culte de bénédiction nuptiale, nous avons aussi eu à cœur de prendre en compte d’autres cas de figure parfois rencontrés telles que renouvellement de vœux, anniversaires de mariage.
Être dans la proposition, non l’orientation
Certains nous poussaient à réduire au maximum les choix (« Deux feuilles A4 c’est amplement suffisant », avons-nous même entendu !), mais l’équipe a tenu bon. Ne pas réduire, mais élargir les options et ouvrir le choix. À partir d’un déroulement de culte que chaque pasteur peut se sentir libre d’adapter à sa sensibilité, nous avions proposé pour chaque partie de la liturgie, jusqu’à huit ou neuf textes différents et complémentaires, que ce soit pour l’accueil, le psaume, la prière, la confession de foi, la prière d’intercession, les engagements des couples, l’échange des alliances, la remise de la Bible ou la bénédiction, etc.
Pour les lectures bibliques, nous avions fait le choix de ne pas « pré-orienter » l’interprétation des textes par des chapôs ou un regroupement thématique, mais de les présenter par leur origine dans la Bible : textes de l’Ancien Testament, textes pris dans les épîtres du Nouveau Testament, textes des Évangiles. Pour chaque texte, nous avons comparé différentes traductions possibles pour retenir celle qui nous semblait la plus pertinente, la plus compréhensible.
Passage de relais difficile…
Après différentes relectures de la liturgie par des personnes extérieures au groupe de travail, le résultat transmis au conseil plénier de l’UEPAL formait un document final d’une bonne cinquantaine de pages, avec une présentation qui semblait assez simple d’utilisation.
Le choc a été grand pour l’équipe de rédaction de la liturgie de constater ce qu’était devenu le résultat de plus de quatre ans de travail après un passage radical à la moulinette : l’UEPAL a édité un petit livret orange peu pratique, à la mise en pages étrange et contre-intuitive, où des textes sont dispersés entre deux ordres liturgiques et des annexes, sans cohérence dans la numérotation.
